Ce fruitier exotique qui résiste à -25 °C donne un goût de mangue au jardin : pourquoi il faut le planter maintenant
En plein cœur de l'hiver, quand le verger semble figé par le gel et que l'on se contente souvent de rêver devant les catalogues, un arbre bouscule les idées reçues. Imaginez, au fond d'un jardin normand ou jurassien, un fruitier à feuillage tropical qui supporte -25 °C et donne des fruits au goût de mangue.
On croit volontiers que pour savourer des parfums exotiques, il faut vivre sous les tropiques ou installer une serre chauffée. Ce fruitier prouve l'inverse : originaire d'Amérique du Nord, il apprécie les hivers bien marqués et se contente d'un simple coin de jardin. Ce drôle de candidat, c'est l'asiminier.
L'asiminier, faux tropical mais vrai costaud
L'asiminier, ou Asimina triloba, appartient à la famille des Annonacées, qui regroupe surtout des espèces tropicales. Avec ses grandes feuilles pendantes pouvant atteindre 30 centimètres, son port naturellement pyramidal et son feuillage jaune d'or à l'automne, il donne au jardin un air de sous-bois exotique sans demander de soins sophistiqués.
Sous ses allures de plante fragile, ce fruitier se montre pourtant très rustique : il tient jusqu'à -25 °C, ce qui le rend à l'aise dans la plupart des régions françaises, du Nord à l'Est en passant par les zones de moyenne montagne. Sa racine pivotante profonde réclame en revanche un sol riche, meuble, assez frais et plutôt pauvre en calcaire.
Planter l'asiminier au jardin
La meilleure période pour installer un asiminier en pleine terre se situe de l'automne au début de l'hiver, hors périodes de gel, quand la sève est au repos. Planté entre novembre et février, l'arbre consacre tranquillement les mois froids à enfoncer son pivot dans une terre encore un peu tiède et naturellement humide, avant les chaleurs parfois éprouvantes de l'été.
Choisissez une exposition en plein soleil dans les régions fraîches pour bien sucrer les fruits, ou une légère mi-ombre dans les jardins du Sud où le soleil cogne fort. Le sol doit être profond et bien drainé. Comme le système racinaire n'aime pas être bousculé, mieux vaut installer d'emblée l'arbre à son emplacement définitif.
Pollinisation et récolte de la mangue du Nord
Pour obtenir les asimines, ces grosses baies oblongues souvent appelées mangues du Nord, un point compte énormément : la pollinisation croisée. L'asiminier fructifie bien mieux avec au moins deux sujets différents, par exemple deux variétés comme 'Sunflower' et 'Prima'. Au printemps, ses fleurs pourpres inclinées vers le sol attirent surtout mouches et coléoptères, et les premières récoltes surviennent en trois à cinq ans.
À maturité, les fruits à peau verte qui brunit contiennent une chair jaune orangé d'une onctuosité étonnante, proche de celle d'un avocat mûr. En bouche, elle évoque un mélange de banane, de mangue et d'ananas, parfois relevé d'une pointe de vanille. On déguste la pulpe à la petite cuillère, seule ou en smoothie, en glace, en mousse crue, voire en remplacement de la banane dans un gâteau moelleux ; il suffit de retirer la peau et d'écarter les grosses graines, qui ne se consomment pas.