Ces races de chiens que personne ne veut adopter en refuge… et pourquoi ce rejet est une énorme erreur

Publié le ParRédaction Elle adore
© Reworld Media

En France, des milliers de molosses et grands chiens noirs patientent des mois derrière les barreaux pendant que les chiots à la mode partent aussitôt. Que se cache-t-il derrière ces profils que tout le monde évite ?

Imaginez un grand chien noir qui vous fixe derrière des barreaux, pendant que le petit chiot tacheté de la cage d’à côté part déjà sous le bras d’une famille. Même refuge, même histoire chaque week-end : certains animaux partent en quelques jours, d’autres patientent des mois, parfois des années, faute de « coup de cœur ».

Les chiffres nationaux confirment ce décalage : en 2024, le fichier d’identification a recensé environ 203 000 abandons d’animaux de compagnie, et les refuges dénoncent une surreprésentation de grands chiens au gabarit impressionnant. Au centre des box reviennent les mêmes profils, ces races de chiens que personne ne veut adopter. Et si l’on regardait derrière l’étiquette ?

Races de chiens boudées en refuge : un même profil qui revient

Une visite rapide dans un refuge suffit pour le constater : les box sont largement occupés par de grands chiens musclés, à tête large, souvent croisés de type staff ou rottweiler. Les observations de terrain montrent que les chiens les plus mal-aimés sont surtout des molosses et des chiens catégorisés, pénalisés par leur simple silhouette.

À ces physiques imposants s’ajoutent d’autres handicaps d’image : pelage noir difficile à photographier, âge avancé, petite cicatrice ou boiterie. Le public assimile souvent puissance musculaire et agressivité, alors qu’en comportement canin aucune corrélation directe n’a été démontrée entre force de la mâchoire et envie de mordre. On se méfie du corps, sans rencontrer le caractère.

Derrière la mauvaise réputation, des compagnons sensibles et robustes

Dans les dossiers vétérinaires et les suivis de refuge, le portrait de ces « indésirables » surprend souvent. American Staffordshire Terriers, Rottweilers ou Boxers adoptés après un long séjour se révèlent pour beaucoup des chiens d’une affection débordante, très en demande de contact physique, généralement calmes en intérieur et moins aboyeurs que certains petits chiens réputés nerveux.

Sur le plan de la santé, ces chiens de refuge sont fréquemment plus rustiques que les races « mignonnes » à museau écrasé. Les carlins et bouledogues français cumulent troubles respiratoires, oculaires, cardiaques ou cutanés, au point que des vétérinaires tirent la sonnette d’alarme. L’un d’eux confie qu’il hésite à dire « la vérité sur ces races », sous peine de perdre des clients, rapporte Sciencepost.

Adopter un chien boudé : précautions, cadre légal et belles rencontres

Avant de se tourner vers ces profils, il faut vérifier que son mode de vie colle. Un grand chien athlétique réclame du temps de sortie, un budget alimentation solide, des séances d’éducation bienveillante, parfois l’aide d’un professionnel. Pour un chien catégorisé, la loi impose aussi permis de détention, assurance, évaluation comportementale et port de la muselière dans les lieux publics.

Les refuges spécialisés molosses prennent alors le relais : entretiens, plusieurs rencontres, balades test et conseils personnalisés permettent de sécuriser le duo maître-chien. Sorti d’un environnement bruyant pour retrouver la chaleur d’un foyer, ce type d’animal développe souvent une relation très forte avec son adoptant. Le compagnon que tout le monde avait ignoré devient parfois l’ombre rassurante de toute une famille.

Sources

En bref

  • En 2024, les refuges français voient affluer surtout de grands molosses et chiens catégorisés, souvent noirs, âgés ou marqués par la vie.
  • Le texte met en lumière leurs qualités affectueuses et leur rusticité, en les comparant aux races brachycéphales fragiles aujourd’hui très prisées.
  • Adopter un chien catégorisé ou un molosse de refuge implique des démarches, des essais en situation et un cadre légal strict évoqué sans détour.