Compost : je respectais toutes les règles, si le vôtre pue encore c’est que vous négligez aussi ce geste indispensable

Un matin d’hiver, mon compost sent mauvais au point de rappeler une petite fosse septique, alors que j’avais scrupuleusement suivi les règles. Ce détail oublié dans la façon de gérer le tas va tout changer pour l’odeur et pour le jardin.
Compost : je respectais toutes les règles, si le vôtre pue encore c’est que vous négligez aussi ce geste indispensable

La scène est familière : une cuisine impeccable, des épluchures bien triées, des couches de déchets verts et bruns soigneusement alternées. Pourtant, un matin de janvier 2026, en soulevant le couvercle du composteur, une violente odeur d’œuf pourri vous prend à la gorge, bien loin du parfum de sous-bois espéré.

Le ratio matières azotées / matières carbonées semble pourtant bon, l’humidité a été contrôlée, aucun reste de viande ni de laitage n’a été ajouté. Ce décalage entre la théorie appliquée et la réalité malodorante décourage vite, comme si la nature refusait de coopérer et transformait vos efforts en petite fosse septique de jardin.

Mon compost sent mauvais alors que j’ai tout respecté : où est le problème ?

Le nez sert de boussole. Une odeur de terre forestière indique un compost sain, alors qu’une odeur d’œuf pourri, voire d’égout, signale la production de sulfure d’hydrogène et donc une fermentation anaérobie. Des relents d’ammoniac, eux, trahissent surtout un excès de matières "vertes" très riches en azote.

Quand tout a été fait "dans les règles" côté proportion et humidité, le maillon manquant se trouve presque toujours ailleurs : dans la manière dont le tas respire. En se focalisant sur la chimie du mélange, on oublie la physique du compost, son volume, son tassement, la présence ou non de véritables poches d’air.

Quand le tas s’étouffe : aérobie, anaérobie et bombe olfactive

Un compost en bonne santé fonctionne en mode aérobie : des milliards de micro-organismes dégradent les déchets avec de l’oxygène, produisant chaleur, eau et un peu de CO₂, sans mauvaise odeur. Dès que l’air manque, ces bactéries se mettent en veille et laissent la place à d’autres, qui vivent sans oxygène et fabriquent méthane et gaz soufrés très odorants.

L’empilement en "lasagnes" bien rangées, jamais brassées, crée justement les conditions de cet étouffement. Sous le poids des nouveaux apports, surtout en hiver avec des restes de soupes ou de légumes gorgés d’eau, les couches inférieures se compactent, deviennent une boue visqueuse et imperméable. Le cœur du tas se transforme alors en bloc humide, froid et puant, privé d’oxygène.

Brassage et matériaux structurants : le geste oublié qui change tout

Pour sauver un compost qui pue, la solution est mécanique. Un brassage vigoureux avec une fourche-bêche, une tige d’aération ou un "brass’compost" casse les blocs et ouvre des galeries d’air. Quand on retourne le fond souvent le plus compact vers la surface, l’odeur augmente quelques minutes, le temps que les gaz s’échappent, puis décroît nettement en quelques heures.

Pour éviter la rechute, le tas doit rester aéré en continu. L’ajout régulier de matières structurantes comme de petits branchages, des tiges sèches ou du broyat de bois crée une charpente interne qui maintient de minuscules cheminées d’air. À chaque bioseau vidé, mélanger rapidement les premiers centimètres du compost suffit à briser la "croûte" en surface et à garder un tas léger, grumeleux, qui ne ressemblera plus jamais à un bloc de béton humide ni ne parfumera le jardin d’effluves d’égout.