En hiver, vos géraniums pourrissent en silence : ce geste de 30 minutes par semaine les sauve

Rentrés au chaud, vos géraniums en hiver étouffent dans un air saturé d’humidité, terrain idéal pour Botrytis cinerea. Un rituel hebdomadaire de quelques minutes suffit pourtant à les remettre sur pied, à condition de respecter quelques règles simples.
En hiver, vos géraniums pourrissent en silence : ce geste de 30 minutes par semaine les sauve

En plein cœur de janvier, balcon nu, garage qui sent la terre humide... et ces pots de géraniums alignés, beaucoup moins fringants qu'en été. Feuilles qui jaunissent, tiges qui mollissent : beaucoup se demandent comment garder leurs géraniums en hiver jusqu'au printemps sans tout perdre. Le simple fait de les avoir rentrés à l'abri ne suffit pas, et c'est là que les ennuis commencent.

Dans un local hors gel, l’air stagne, l’humidité colle au feuillage et un ennemi discret s’installe : Botrytis cinerea, la pourriture grise. Duvet gris sur les tiges, parties noircies, plante qui s’affaisse, tout part de ce microclimat clos. Une habitude toute simple, à faire chaque semaine, casse pourtant ce cercle vicieux.

Pourquoi vos géraniums en hiver dépérissent derrière la vitre

À l’intérieur, surtout en dessous de 12 °C avec un terreau humide, les champignons se régalent. Les racines brunissent par asphyxie, le collet commence à pourrir, les tiges deviennent molles puis le plant finit par s’effondrer. L’hivernage des géraniums tourne alors au cauchemar alors que la plante aurait juste eu besoin de moins d’eau et de plus d’air.

Autour de 8–10 °C, le géranium entre en repos végétatif : la consommation d’eau chute, l’évapotranspiration devient quasi nulle, la croissance se retrouve totalement stoppée. Un local non chauffé, où la température ne dépasse pas 10 °C, convient très bien. Ce qui le fragilise, ce n’est pas le frais, c’est l’excès d’humidité dans le substrat et l’atmosphère.

Le geste hebdomadaire qui sauve tout : 30 minutes dehors

La clé consiste à sortir les pots dehors 30 minutes par semaine. Cette "aération forcée" fait office de fongicide naturel : le vent et l’air frais chassent l’humidité logée au cœur du feuillage, tandis que la lumière hivernale et ses rayons UV ont une légère action stérilisante. Ce petit choc de fraîcheur endurcit les tissus, rend tiges et feuilles plus coriaces et prépare déjà la reprise au printemps.

Il faut choisir le bon créneau météo : début d’après-midi, temps sec, sans pluie ni neige, avec une température au-dessus de 5 à 7 °C. Pas question de les poser en plein vent glacial, on les place à l’abri d’un mur. En climat doux, où les pots restent dehors sous voile d’hivernage, on se contente de soulever la protection pour cette demi-heure. Dans les régions froides, on profite des rares journées douces, en complément d’une aération de la pièce d’hivernage pendant une dizaine de minutes quand il ne gèle pas.

Routine express : air, eau et petit ménage d’hiver

Côté arrosage hivernal, un géranium stocké en véranda ou garage lumineux à 8–12 °C se contente d’un arrosage tous les 20 à 30 jours. On donne 2 à 5 cl d’eau pour un pot de 12 cm, 10 cl pour une jardinière, toujours en bord de pot, jamais au collet, avec une eau à température ambiante, de préférence le matin. Tant que le substrat reste légèrement sec en profondeur, on patiente ; si les feuilles deviennent cassantes, un petit apport suffit. Aucun engrais avant fin mars.

La sortie hebdomadaire devient aussi un vrai check-up santé sous une lumière naturelle plus sincère que celle du garage :

  • Supprimer les feuilles jaunies ou sèches.
  • Couper les extrémités de tiges qui noircissent.
  • Traquer les pucerons et tourner le pot vers la lumière pour limiter l’étiolement.

Avec cette routine sobre en eau mais riche en air frais, les géraniums ressortent au printemps déjà compacts et vigoureux, prêts à refleurir dès la reprise progressive des arrosages puis de l’engrais, avant leur installation définitive dehors début mai.