En ville, les hérissons s'effondrent : ce coin oublié à garder dans votre jardin citadin pourrait tous les sauver

En plein hiver, le hérisson d'Europe s'effondre en silence au pied de nos immeubles, alors que ses refuges disparaissent sous les râteaux. Dans votre jardin citadin, un seul geste discret peut pourtant peser sur sa survie.
En ville, les hérissons s'effondrent : ce coin oublié à garder dans votre jardin citadin pourrait tous les sauver

En plein hiver, les allées des résidences sont impeccables, les massifs ratissés, les sacs de feuilles bien rangés. Sous ce décor lisse, un animal se débat en silence : le hérisson d'Europe. Chassé des campagnes par la disparition des haies et l'usage de pesticides, il s'est replié vers les parcs et jardins citadins. Les experts craignent un fort recul de l'espèce d'ici 2030 en Europe.

L'hiver, son hibernation se fait par à-coups. À chaque réveil provoqué par un redoux en janvier, le hérisson brûle énormément d'énergie alors que la nourriture manque, et il peut perdre jusqu'à 40 % de son poids sur la saison. Sa chance de survie tient alors à un détail que beaucoup détruisent sans le savoir : ce tas de feuilles ou de branches dans un coin du jardin, laissé tranquille… ou complètement nettoyé.

En ville, des hérissons à bout de forces au fond des jardins

En ville, les hérissons sont désormais plus nombreux qu'à la campagne, repoussés par la disparition des haies et les pesticides. Leurs nuits croisent routes, clôtures fermées, piscines ou jardins minéralisés, et environ un quart des individus y meurent écrasés, alors que ce petit insectivore rend service au jardinier en dévorant limaces, escargots et coléoptères.

Pour survivre à l'hiver, il lui faut surtout un abri stable et tranquille. Il fabrique un nid avec feuilles, herbe sèche et branchages. Des suivis menés avec l'Observatoire de la biodiversité des jardins et Vigie-Nature montrent pourtant qu'environ six hérissons sur dix abandonnent un abri trop humide, avec un risque élevé d'hypothermie : un simple tas de feuilles détrempé au fond d'une cuvette peut devenir un piège.

La seule chose à faire : garder un coin de jardin citadin sauvage et sec

En plein coeur de l'hiver, le réflexe de tout ratisser fragilise ces refuges. Tas de feuilles, amas de bois, herbes hautes ou haies en friche sont en réalité des abris d'hibernation. Les retourner ou les brûler en janvier réveille brutalement l'animal, qui dépense une énorme quantité d'énergie pour se réchauffer alors que les insectes manquent, et peut ne plus avoir assez de réserves pour reconstruire un nid.

Le geste clé consiste à réserver un coin de jardin sauvage, laissé intact jusqu'au printemps. Choisissez un endroit calme contre un mur ou une haie, hors des zones où l'eau stagne, déposez quelques branches puis recouvrez de feuilles. Dans une cour ou un jardin partagé, un simple tas au pied d'un arbuste ou d'un compost suffit, sans pesticide. Une ouverture de 13 x 13 cm à la base des clôtures permet enfin au hérisson de passer d'un jardin à l'autre.

Hérisson en plein jour en hiver : quand et comment agir

Un hérisson vit caché et sort la nuit. Le voir actif en jour d'hiver, amaigri ou titubant, signale une détresse. Les spécialistes recommandent de lui proposer une coupelle d'eau fraîche et un peu de croquettes pour chat ou chien, sans poisson ni lait, puis de contacter un centre de sauvegarde de la faune sauvage.

Espèce protégée en France depuis 1981, le hérisson d'Europe devient un baromètre de la biodiversité urbaine : un jardin citadin laissé un peu sauvage peut lui sauver la vie.