Fin d’hiver : cette plante « envahissante » que tout le monde arrache sauve en silence les oiseaux du jardin
© Reworld Media
En fin d’hiver, alors que le jardin paraît vide, les oiseaux vivent leur période la plus critique. Un coin de verdure et une mangeoire bien pensée peuvent pourtant tout changer.
Quand le jardin semble encore endormi, que les branches sont nues et le sol détrempé, les oiseaux vivent l’un des moments les plus rudes de l’année. Le froid pèse toujours, leurs réserves s’épuisent, les insectes se cachent. Beaucoup d’urbains ont envie de nettoyer les massifs, d’arracher le lierre, de remplir les mangeoires au hasard.
Les spécialistes de la Ligue pour la Protection des Oiseaux expliquent pourtant que le bon réflexe, en fin d’hiver, n’est pas de tout raser mais de aider les oiseaux du jardin en fin d’hiver avec quelques gestes ciblés. Et la clé, assez surprenante, tient souvent dans un simple coin de verdure laissé tranquille.
Fin d’hiver : pourquoi les oiseaux du jardin manquent de tout
En fin de saison froide, les baies ont presque toutes été mangées, les graines au sol sont rares et les insectes restent tapis. Les oiseaux ont déjà passé des semaines à brûler de l’énergie pour se réchauffer. La LPO rappelle que le nourrissage doit être réservé à l’hiver, typiquement de décembre à mars, quand la nourriture naturelle se fait vraiment rare.
L’association insiste aussi sur un point déroutant pour beaucoup : en automne, il ne faut pas nourrir les oiseaux. À cette période, baies, insectes et graines restent abondants et la météo demeure clémente. Ajouter des mangeoires trop tôt concentre les oiseaux au même endroit et augmente le risque d’épidémies dans le quartier.
Une mangeoire bien pensée : le buffet simple qu’ils adorent
L’idée la plus efficace reste une seule mangeoire bien placée, remplie d’aliments faits pour eux. Graines de tournesol noir, mélanges de graines variées, cacahuètes non salées, pains de graisse à base de matières grasses végétales et quelques fruits un peu abîmés composent un vrai buffet de fin d’hiver. La LPO rappelle aussi de proposer de l’eau non gelée, car les oiseaux peuvent mourir de soif avant de mourir de faim.
Pour leur santé, mieux vaut oublier le pain, le lait et les restes salés. Le coordinateur LPO Georges Lignier avertit que le pain n’est pas un aliment adapté aux oiseaux, canards ou cygnes : ils le digèrent mal, l’estomac gonfle, l’excès de sel les affaiblit et ils risquent de mourir de froid ou de souffrir de problèmes osseux et de malformations des ailes. Une étude sur des centres de sauvegarde a montré qu’en 2020, 14,3 % des animaux recueillis l’ont été après une prédation, à 84 % par le chat domestique, dont 90 % d’oiseaux ; placer la mangeoire à environ 3 m de haut, dans un endroit dégagé et loin des buissons limite ces attaques.
Garder le lierre : l’idée toute simple qui les aide en fin d’hiver
Beaucoup de jardiniers voient encore le lierre comme un parasite qui étouffe l’arbre. En réalité, cette liane utilise le tronc comme simple support pour grimper vers la lumière : ses crampons se collent à l’écorce sans pomper ni eau ni nourriture, ses vraies racines restant dans le sol. Son feuillage persistant offre un refuge toute l’année et ses fleurs d’automne donnent, de mars à mai, des fruits très appréciés quand l’hiver se termine.
En bref
- Fin d’hiver, la LPO alerte sur les difficultés des mésanges, moineaux et merles dans des jardins appauvris en nourriture naturelle.
- Une seule mangeoire bien placée avec graines, graisses végétales, fruits adaptés et eau non gelée devient un véritable buffet de survie pour les oiseaux.
- Lierre préservé, nichoir discret et quelques précautions contre les chats transforment le jardin en refuge inattendu, avec un impact bien plus fort qu’on l’imagine.
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