« Je les jetais à chaque soupe » : ces simples graines de potimarron séchées en hiver remplissent tout le potager dès le mois d'avril

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« Je les jetais à chaque soupe » : ces simples graines de potimarron séchées en hiver remplissent tout le potager dès le mois d'avril © Reworld Media

Partout en France, des jardiniers jettent chaque automne des graines de courge capables de nourrir leur foyer. Comment ce simple geste en cuisine peut-il remplir un potager entier ?

À chaque soupe de potimarron, le même réflexe : on gratte le cœur de la courge, on jette ce tas de graines filandreuses… et avec lui de futurs mètres carrés de récoltes. À l’heure où le prix des légumes grimpe, ce geste a pris un tout autre sens.

Car ces graines, bien choisies et bien séchées, peuvent donner assez de plants pour couvrir vos besoins en courges d’hiver pendant des années, sans racheter un seul sachet. Il suffit de savoir quelles graines garder, comment les préparer et quand les semer pour vraiment récupérer les graines de courge pour les replanter au potager.

Ce que vous jetez avec vos graines de courges

À l’intérieur d’un seul potimarron ou d’une butternut se cachent souvent des dizaines de graines viables. Or un pied de courge d’hiver produit en général entre deux et cinq fruits, et une famille de quatre à cinq personnes a besoin d’environ quinze courges pour passer la saison froide : quatre à six plants bien nourris suffisent donc largement.

En gardant vos semences, le coût des courges à l’année a littéralement fondu : plus de sachets à acheter, et des graines qui se sont déjà adaptées au sol et au climat de votre jardin. Bien stockées, elles gardent leur pouvoir germinatif pendant quatre à six ans, ce qui transforme une simple courge cuisinée en véritable réserve de semences.

Avant de garder vos graines : variétés, croisements et sécurité

Nous avons tous déjà gratté des graines de courge sans se demander d’où venait le fruit. Pourtant, cela change tout. Avec une variété ancienne ou dite « reproductible », les graines redonnent des courges proches de la plante mère. Avec une variété hybride F1, les graines germent aussi, mais le résultat devient imprévisible : formes, couleurs et saveurs peuvent changer.

Les courges cultivées appartiennent surtout à trois espèces (Cucurbita pepo, maxima et moschata) qui se croisent seulement au sein de la même espèce. Si des coloquintes décoratives poussent à proximité, un croisement a pu réintroduire beaucoup de cucurbitacines : vous obtenez alors des fruits très amers et potentiellement toxiques. Le bon réflexe reste de goûter toujours un tout petit morceau cru ; s’il est franchement amer, on recrache et on jette la courge.

L’astuce validée par la rédaction
Efficacité
9/10
Plants d’hiver couverts
4 à 6 plants

Pourquoi ça fonctionne ?

Une seule courge fournit bien plus de graines qu’il n’en faut pour semer quelques plants vigoureux, et ces graines gardent leur pouvoir germinatif pendant plusieurs années si elles sont bien séchées et stockées. On remplace ainsi plusieurs sachets du commerce par un geste réalisé en cuisine, à coût nul.

Le petit plus : noter sur l’enveloppe la variété, l’année et le lieu du pied porte-graines pour suivre, au fil des saisons, les courges qui se sont le mieux comportées chez vous.

À NE JAMAIS FAIRE : sécher les graines au four ou sur un radiateur, ou consommer une courge issue de vos semis maison sans recracher immédiatement un morceau cru très amer.

Geste à geste : de la courge cuisinée aux plants de printemps

Pour un fruit du jardin, on a souvent laissé la courge mûrir jusqu’à pédoncule sec sur un plant sain, voire quelques semaines en intérieur avant de l’ouvrir. Ensuite, la méthode reste la même, que la courge vienne du potager ou du marché :

  • en cuisine, on prélève les plus belles graines, bien pleines, puis on les rince à l’eau claire en retirant tous les filaments ;
  • on les fait sécher en une seule couche sur une assiette ou un tamis, dans une pièce sèche et ventilée, à l’ombre, pendant deux à trois semaines, jusqu’à ce qu’elles cassent net ;
  • on les glisse enfin dans une enveloppe en papier, au frais, au sec et à l’abri de la lumière.

Au printemps suivant, les semis ont commencé dès début à mi-avril en godets : une graine par pot, à 1,5 à 2 cm de profondeur, dans un terreau léger maintenu à 18-20 °C. Une fois tout risque de gel passé, les jeunes plants ont été installés au soleil, dans une terre riche en compost, et il a suffi de garder quatre à six sujets vigoureux pour que le potager se remplisse de courges gratuites.

Sources

En bref

  • Chaque automne, de nombreux foyers écartent les graines des potimarrons et butternuts, sans imaginer le potentiel de semis gratuits qu’elles représentent. 🍂
  • Une méthode simple explique comment sélectionner, sécher puis conserver plusieurs années ces graines de courge pour semis sans matériel ni produits compliqués. 🌱
  • En partant de quelques courges de cuisine, l’auteur montre comment dimensionner les semis pour nourrir une famille et tendre vers un potager autonome. 🎯