Les vrais amoureux des oiseaux gardent toujours cet accessoire du panier à linge sur eux : en hiver, il peut les sauver
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Quand le gel s’installe et que mésanges et rouge-gorges peinent à se nourrir, un objet banal devient une bouée de survie. Au fond des poches des passionnés, une simple pince à linge change silencieusement le destin des oiseaux du jardin.
On reconnait souvent les vrais amoureux des oiseaux à un détail inattendu : au fond de leur manteau d’hiver, on trouve une simple pince à linge. Tandis que le jardin gèle et que mésanges ou rouge-gorges fouillent un sol très dur, ce petit objet du panier à linge reste prêt. Il n’a l’air de rien, mais il peut vraiment changer leur saison.
Car une pince à linge, en bois non traité ou en plastique épais, permet de nourrir les oiseaux du jardin, de suspendre un abri léger et même de leur offrir des matériaux de nidification, sans clouer ni percer un seul arbre. Discrète, réversible, elle se clipse en quelques secondes sur une branche, un treillis ou une rambarde de balcon. Reste à savoir comment l’utiliser sans faux pas.
Pourquoi la pince à linge devient vitale en hiver
L’hiver, les ressources naturelles se font rares alors que les oiseaux brûlent énormément d’énergie pour se réchauffer. Mésanges, moineaux, rouge-gorges ou merles continuent pourtant de limiter ravageurs et parasites. Les mangeoires fixées avec clous, vis ou fils métalliques blessent parfois l’écorce et enlaidissent haies et rambardes. Clipser une pince à linge sur une branche stable ou un treillis offre un nourrissage hivernal réversible qui ne laisse aucune trace.
Sur cette pince, on peut coincer directement une boule de graisse sans filet plastique, un quartier de pomme ou de poire, voire une petite coupelle de graines maintenue par le ressort. Tout tient sans percer l’écorce. La pince s’adapte à l’épaisseur de la branche ou de la rambarde et se déplace facilement selon le vent, le soleil ou la présence de chats, en pleine campagne comme sur un balcon urbain.
Une pince à linge pour les nichoirs et la construction du nid
La même pince sert aussi pour les nichoirs. On pince le toit ou un rebord d’un petit abri en bois, d’une coquille de noix de coco ou d’une boîte recyclée, puis on clipse l’ensemble sur une branche solide, un piquet ou une pergola. Aucun trou, aucun clou : l’arbre reste sain et le nichoir peut être déplacé si le vent tourne ou si le soleil tape trop fort.
Au printemps, les pinces deviennent des supports pour les matériaux de nidification. Des études en Europe de l’Ouest ont trouvé des débris de plastique dans 12 % des nids de plusieurs espèces d’oiseaux marins, et dans tous les nids d’un groupe de Goélands leucophées à Barcelone. Mieux vaut donc proposer, pincés en petits bouquets en hauteur, des brindilles, paille, herbes sèches, feuilles mortes, mousse végétale, fibres naturelles ou toiles d’araignées d’intérieur, et éviter cheveux, fils en nylon, mousses artificielles ou poils d’animaux traités au fipronil, associés à une hausse de mortalité chez les oisillons.
Les réflexes à adopter pour vraiment les aider
Selon Yves Verilhac, administrateur de la Ligue pour la protection des oiseaux, « il est essentiel de cesser progressivement de nourrir les oiseaux dès la mi-février sur une période de 7 à 10 jours », a-t-il expliqué à Pleine Vie. La LPO rappelle que « Les lipides contenus dans les graines et les boules de graisse ne sont pas adaptés aux poussins, qui doivent être nourris avec des protéines issues des insectes ».
En bref
- En plein hiver, mésanges, moineaux, rouge-gorges et merles profitent d’une simple pince à linge que les amoureux des oiseaux gardent toujours au fond des poches.
- La pince à linge sert à fixer nourriture, nichoirs et matériaux de nidification sur branches ou rambardes, tout en limitant blessures d’écorce et dégâts durables.
- Les conseils de la LPO, d’Yves Verilhac et les risques liés aux chats ou au fipronil rappellent que ce geste simple exige quelques précautions essentielles.
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