Marre des thuyas qui grillent l'été ? Voici les haies presque sans entretien qui font bien mieux
Au fond du jardin, le mur de thuyas a jauni, des branches ont grillé, et la prochaine séance de taille s’annonce déjà comme un marathon avec taille-haies, rallonges et sacs de déchets. Pendant des années, ce conifère a été vendu comme la solution miracle : rapide, pas cher, toujours vert.
En 2026, avec les canicules répétées et le manque d’eau, ce modèle montre ses limites. Beaucoup de propriétaires cherchent une haie sans entretien ou presque, une vraie alternative au thuya qui garde l’intimité sans les corvées. La bonne nouvelle, c’est que plusieurs arbustes s’y prêtent très bien.
Pourquoi le thuya n'est plus la star des haies sans entretien
Le thuya pousse vite, autour de 30 à 50 cm par an, pour former en quelques années un écran occultant bon marché. Mais cette vigueur impose 1 à 2 tailles par an pour éviter la haie géante et dégarnie au centre. À la clé : bruit, fatigue, montagnes de déchets verts et un jardin enfermé derrière un mur vert uniforme.
Ce conifère supporte mal nos étés plus secs. Ses racines superficielles peinent à trouver l’eau, le feuillage brunit par plaques et ne reperce pas sur le vieux bois, ce qui laisse des trous définitifs. En haie monospécifique, la moindre maladie ou attaque de ravageur peut se propager de pied en pied. Et pour les oiseaux comme pour les insectes, cette muraille reste assez pauvre.
Laurier-tin, photinia, charme et troène : une haie mélangée plus belle et plus robuste
Le laurier-tin (Viburnum tinus) forme une ossature persistante de 2 à 3 m, au feuillage vert sombre et brillant. En plein hiver, il porte des bouquets de fleurs blanches ou rosées qui réveillent le jardin, tout en restant rustique jusqu’à environ -15 °C et peu gourmand en eau une fois installé. Le photinia, surtout la variété Red Robin, apporte des jeunes pousses rouge flamboyant qui virent ensuite au vert, parfait pour casser la monotonie.
Le charme (Carpinus betulus) joue la carte des saisons : ses feuilles sèchent en automne mais restent accrochées tout l’hiver, ce feuillage marcescent protégeant du vis-à-vis jusqu’aux premiers bourgeons de printemps. Le troène (Ligustrum) complète le tableau avec un feuillage semi-persistant à persistant selon le climat, une croissance rapide et une grande tolérance à l’ombre, au soleil et à la pollution. En les mélangeant, on obtient une haie vivante, favorable à la biodiversité, qui se contente d’une taille légère par an pour rester en forme.
Comment remplacer ses thuyas et planter sa nouvelle haie en janvier
Janvier est un moment clé : les arbustes sont en repos végétatif, la sève est descendue, le choc de plantation reste limité. On intervient hors période de gel ou de sol gorgé d’eau, en arrachant les thuyas par tronçons pour garder un minimum d’écran. Pour chaque arbuste, on creuse un trou deux à trois fois plus large que la motte, on mélange la terre avec du compost bien mûr, puis on arrose copieusement. En racines nues, un pralinage des racines favorise la reprise.
Un espacement d’environ 60 à 80 cm entre plants suffit pour former un rideau dense, complété par un paillage de feuilles ou de copeaux pour garder la fraîcheur. Ensuite, ces haies mélangées demandent peu : quelques arrosages la première année, une taille douce de temps en temps et une simple surveillance. Petit à petit, le vieux mur de thuyas laisse place à une bordure colorée qui abrite oiseaux et pollinisateurs sans monopoliser les week-ends.