Mon jardin affamait les pollinisateurs sans que je le sache : ce trio à planter dès février change tout

Publié le ParRédaction Elle adore
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En février, mon jardin semblait vide alors que les premières abeilles cherchaient déjà à se nourrir. Trois fleurs mellifères plantées à temps ont tout changé pour les pollinisateurs.

En février, beaucoup de jardins français ressemblent à une carte postale un peu triste. Pelouse rase, massifs vides, quelques oiseaux seulement pour animer le décor, tout laisse croire que la nature dort encore. En réalité, sous cette apparente pause, quelque chose d’essentiel se joue déjà pour la vie des abeilles et des bourdons.

Les spécialistes parlent de famine de début de printemps : dès que le thermomètre dépasse 10 ou 11 °C, les premières reines bourdons et abeilles solitaires sortent avec leurs réserves d’énergie presque à zéro. Si le jardin ne leur offre rien à butiner, elles n’ont tout simplement pas la force de lancer une nouvelle colonie. Un simple trio de fleurs mellifères à planter en février peut changer complètement ce scénario.

Février, le mois où un jardin nourrit ou affame les pollinisateurs

La plupart des jardiniers attendent mars ou avril pour s’activer, alors que la nature, elle, a déjà appuyé sur le bouton « start ». Dans les zones urbaines et périurbaines, les extérieurs très fleuris en mai restent souvent totalement vides en fin d’hiver. Ce trou dans le calendrier floral pèse lourd sur les populations d’insectes pollinisateurs, déjà fragilisées par la perte d’habitats et les pollutions.

Pour aider à combler ce manque, l’association Arthropologia a mis en ligne, avec l’Office français de la biodiversité, la plateforme Pollinisateurs.com le 16 juin 2025. Guides et retours d’expérience y rappellent un principe simple : chaque jardin, cour ou balcon peut devenir une petite station-service de nectar, surtout si l’on installe dès maintenant un trio ciblé de bulbes précoces.

Le trio gagnant crocus, muscari et anémone de Caen

Premier sur la ligne de départ, le crocus perce parfois un sol encore froid. Sa corolle en forme de coupe agit comme un mini capteur solaire qui réchauffe le nectar, très facile d’accès pour les insectes engourdis. Juste derrière, le muscari déroule ses grappes de clochettes bleues, incroyablement riches en nectar, pendant plusieurs semaines, formant peu à peu de vrais tapis si on le laisse se naturaliser.

L’anémone de Caen complète le tableau avec ses grandes fleurs rouges, bleues ou blanches, très riches en pollen, indispensable pour fournir des protéines au premier couvain. Ensemble, ces trois plantes offrent un menu complet : sucre pour l’énergie, pollen pour la reproduction, et une floraison étalée qui accompagne les pollinisateurs du réveil de fin d’hiver jusqu’au cœur du printemps.

Planter en février sans se tromper pour un jardin escale

Planter ce trio en février ou début mars reste tout à fait possible en France, surtout en achetant des bulbes en vert ou des godets déjà démarrés. L’ennemi numéro un n’est pas le froid, mais l’excès d’eau : un bon drainage évite que bulbes et racines ne pourrissent. Sol non gelé, emplacement ensoleillé ou mi-ombre claire, c’est le duo gagnant, en pleine terre comme en bac sur un balcon.

Quelques gestes simples suffisent à assurer la reprise :

  • Placer une couche de sable ou de gravier au fond du trou ou du pot pour que l’eau s’évacue bien.
  • Respecter une profondeur équivalente à deux ou trois fois la hauteur du bulbe.
  • Faire tremper quelques heures les tubercules secs d’anémones de Caen dans de l’eau tiède avant plantation.
  • Planter toujours en groupes de 5, 10 ou 15 bulbes pour créer des taches de couleur faciles à repérer pour les insectes.

Sources

En bref

  • En février, crocus, muscari et anémone de Caen offrent aux reines bourdons et abeilles solitaires une ressource précieuse au moment critique du réveil.
  • Planter ce trio de fleurs mellifères à planter en février demande un sol bien drainé, des bulbes en vert ou godets et une exposition lumineuse.
  • Ce simple aménagement transforme peu à peu le jardin en escale bourdonnante de vie au sortir de la famine de début de printemps.