Plantes d’intérieur : terre humide, feuilles sèches ? Cette erreur d’arrosage hivernal qui les fait mourir à petit feu
Janvier, radiateurs à fond, lumière qui décline, et pourtant ce qui inquiète se trouve dans le pot. Les feuilles brunissent, se recroquevillent, tombent en nombre alors que la terre brille d’humidité. Cette scène de plante qui fane terre humide trouble autant les débutants que les passionnés, car tout ressemble à un manque d’eau, sauf le terreau.
L’ennui vient surtout d’un réflexe bien intentionné : en voyant ce feuillage triste, on rajoute un verre d’eau "pour être sûr". Or en repos végétatif, quand les jours sont courts et que l’air sec tire l’humidité des feuilles, cette habitude crée un déséquilibre invisible. Racines qui se noient pendant que le feuillage se dessèche : le paradoxe est total.
Plante qui fane terre humide : un problème typique de l’arrosage hivernal
En hiver, la plupart des plantes d’intérieur vivent au ralenti. Leur consommation d’eau chute, alors que nos arrosages restent parfois calés sur le rythme de juillet. Dans un appartement chauffé, le terreau, surtout s’il est très tourbeux, se comporte comme une éponge qui garde l’eau pendant des semaines. La surface paraît fraîche, le pot reste lourd, mais la plante n’a plus vraiment soif.
Les spécialistes parlent alors de sécheresse physiologique. Le pot est gorgé d’eau, pourtant les tissus se déshydratent, un peu comme un nageur épuisé qui n’a plus la force de boire. La plante ne manque pas de liquide autour d’elle, elle manque d’un système racinaire capable d’aspirer cette eau et de la faire monter jusqu’aux feuilles.
Ce qui se passe dans le pot : asphyxie racinaire et signaux d’alerte
Dans un substrat sain, de minuscules poches d’air entourent les particules de terre et nourrissent les racines en oxygène. Quand l’excès d’eau remplit tout l’espace, cet air disparaît : l’asphyxie racinaire s’installe. Les racines ramollissent, brunissent, puis pourrissent. La "pompe" ne fonctionne plus, l’eau reste dans le pot, le feuillage flétrit et sèche comme si la plante n’avait pas été arrosée.
Pour ne plus se tromper, quelques indices parlent vite : regarder, sentir, soulever le pot, tester la terre au doigt.
- Base des tiges molle ou noircie, feuilles molles qui jaunissent avec pointes brunes.
- Terre sombre et collante, odeur de moisi, pot lourd plusieurs jours après l’arrosage, parfois avec moucherons du terreau.
Comment inverser la tendance : gestes d’urgence et bon arrosage hivernal
Dès que ces signes apparaissent, la priorité reste de couper l’eau : plus d’arrosage ni d’engrais tant que la motte n’a pas séché en profondeur. On aère le substrat avec une baguette en bois, on vide la soucoupe, on surélève le pot. Si la plante va mal, on sort la motte et on la pose quelques heures sur du papier journal qui boit l’excès d’humidité.
Lors d’un vrai sauvetage, on inspecte aussi les racines : celles qui sont blanches et fermes restent, celles qui sont marron, noires, molles ou visqueuses sont coupées, puis la plante est remise dans un terreau neuf très drainant, avec environ 30 % de perlite, sable de rivière ou billes d’argile. Pour l’arrosage hivernal, nouvelle règle : test du doigt et test du poids du pot, terre sèche sur plusieurs centimètres, puis arrosage par bassinage une quinzaine de minutes, avant d’égoutter le pot et de jeter toute eau stagnante.