Taupes dans le jardin : ce déchet de Noël que vous jetez chaque année les fait fuir bien mieux que les pièges
Après les repas de Noël, la poubelle déborde de pelures colorées pendant que, dehors, la pelouse se couvre de monticules de terre. Les taupes profitent du sol humide et meuble pour creuser leurs galeries hivernales, laissant derrière elles un jardin cabossé qui décourage plus d’un propriétaire.
Au même moment, beaucoup jettent sans y penser les restes d’oranges, de clémentines ou de citrons du dessert. Or ces déchets de Noël peuvent se transformer en répulsif naturel très efficace : utiliser des épluchures d’orange contre les taupes permet de protéger son jardin sans produit chimique. Le secret tient dans leur parfum.
Pourquoi les épluchures d’orange font fuir les taupes
Les taupes vivent sous terre et se repèrent surtout grâce à leur odorat extrêmement développé. En hiver, elles se rapprochent des pelouses, massifs et bordures, à la recherche de vers et de larves, ce qui explique l’apparition soudaine de taupinières après les pluies. Elles supportent mal les perturbations olfactives fortes dans leurs galeries, ce qui ouvre la voie aux solutions à base d’odeurs.
Les agrumes comme l’orange, la clémentine, le citron ou le pamplemousse concentrent dans leur peau des huiles essentielles riches en limonène. Cette fragrance vive, agréable pour l’humain, devient très envahissante dans un tunnel étroit et perturbe l’environnement sensoriel de la taupe. En disposant régulièrement des zestes dans les galeries actives, le sol devient beaucoup moins accueillant et l’animal a tendance à se déplacer vers des zones plus calmes.
Comment utiliser les épluchures d’orange contre les taupes au jardin
L’idéal consiste à profiter de la saison des fêtes pour constituer une petite réserve. On récupère les pelures fraîches de 6 à 10 clémentines ou oranges et celles d’un à deux citrons, si possible non traités. Les morceaux peuvent être conservés quelques jours dans un bocal hermétique ou un sac kraft au frais, voire séchés doucement près d’un radiateur pour garder leur parfum. Dès janvier, on repère les taupinières récentes et les boursouflures dans le gazon, puis on glisse quelques morceaux d’épluchures directement dans les trous ou le long des bordures à protéger, en renouvelant l’opération toutes les deux à trois semaines.
Certaines maladresses réduisent beaucoup l’efficacité de cette astuce simple :
- utiliser des pelures très traitées ou trop anciennes, dont l’odeur s’est atténuée ;
- laisser les épluchures sécher complètement à l’air libre avant de les employer ;
- oublier de renouveler les apports après de fortes pluies ou en hiver très humide ;
- toujours viser les mêmes galeries, au lieu de suivre les nouveaux monticules.
Un geste anti-taupes écologique qui valorise les restes de Noël
Cette méthode présente l’avantage de limiter les produits chimiques au jardin et de recycler un déchet de cuisine qui aurait fini à la poubelle. Les morceaux d’écorces laissés en terre se décomposent peu à peu, nourrissent la vie du sol et peuvent aussi gêner d’autres indésirables comme les limaces ou certains chats sensibles aux odeurs d’agrumes. Les pelures restantes servent encore à parfumer les placards, enrichir le compost ou préparer des produits ménagers maison, dans une logique de maison zéro déchet.
Le mot "taupe" renvoie aussi à l’espionnage : dans un tout autre registre, l’ancien responsable Paul Redmond contestait par exemple un ouvrage sur la CIA, qu’il qualifiait d’"un livre plein d'erreurs", selon Le Point. Ici, il s’agit bien de l’animal fouisseur du jardin, que l’on détourne en douceur de la pelouse en exploitant simplement les parfums puissants des agrumes consommés pendant les fêtes.