Cette habitude santé que beaucoup de Français adoptent l’été réduirait votre espérance de vie autant que la cigarette

Publié le ParRédaction Elle adore
Cette habitude santé que beaucoup de Français adoptent l’été réduirait votre espérance de vie autant que la cigarette © Reworld Media

Une vaste étude suédoise menée pendant plus de vingt ans affirme qu’éviter le soleil pourrait raccourcir la vie autant que fumer. Comment cette croyance protectrice s’est-elle retournée contre notre santé ?

Tout l’été, beaucoup de Français se tartinent d’écran total, restent sous le parasol et rentrent tôt pour ne pas « prendre le soleil ». Ce réflexe semble rassurant, surtout depuis des années de campagnes contre le mélanome. Une grande étude suédoise bouscule pourtant ce scénario très sage : chez certaines femmes, fuir systématiquement le soleil a été associé à une mortalité comparable à celle observée chez les fumeuses.

Ce résultat interroge directement notre espérance de vie, cet indicateur qui mesure le nombre d’années que l’on peut vivre si les conditions de mortalité restent les mêmes. On sait déjà que le tabac, l’alcool, l’alimentation et l’activité physique la modifient fortement. Une nouvelle habitude s’ajoute à la liste : le manque de soleil. Et si cette prudence excessive nous coûtait, elle aussi, plusieurs années ?

Quand la peur du soleil devient un risque à part entière

Depuis des décennies, le message officiel est clair : le soleil est dangereux, il faut s’en protéger à tout prix. Résultat, une véritable héliophobie s’est installée, avec écran indice 50 dès le matin et vie de plus en plus passée à l’intérieur. Le corps humain a pourtant évolué sous la lumière naturelle ; s’en couper presque totalement revient à priver l’organisme d’un carburant dont il s’est longtemps nourri.

Dans le même temps, l’espérance de vie continue d’augmenter en France, autour de 85,7 ans pour les femmes et 80 ans pour les hommes, mais sans les gains spectaculaires du siècle dernier. Les épidémiologistes montrent que certains comportements quotidiens peuvent faire gagner ou perdre plusieurs années. La façon dont nous gérons notre exposition au soleil fait désormais partie de ces choix de vie.

L’étude suédoise qui rapproche manque de soleil et cigarette

En Suède, près de 30 000 femmes ont été suivies pendant plus de vingt ans par l’hôpital Karolinska. Les chercheurs ont classé leurs habitudes face au soleil, de l’exposition régulière à l’évitement presque total, puis observé la mortalité toutes causes confondues. Les femmes qui évitaient soigneusement le soleil présentaient une espérance de vie réduite de 0,6 à 2,1 ans par rapport à celles qui s’exposaient le plus.

Plus frappant encore, les non-fumeuses qui fuyaient la lumière vivaient aussi peu longtemps que les fumeuses qui s’exposaient régulièrement. Les auteurs ont donc considéré le manque de soleil comme un facteur de risque majeur, comparable au tabac sur la mortalité globale. D’autres travaux montrent qu’un fumeur au long cours peut perdre autour de dix ans de vie : la formule « aussi dangereux que fumer » renvoie surtout au niveau de risque global, pas à un nombre d’années identique, mais elle reste un signal d’alarme fort.

Pourquoi quelques minutes de soleil changent tout

Le premier maillon de la chaîne, c’est la vitamine D, en réalité une pro-hormone synthétisée par la peau sous les UVB. Elle intervient dans la régulation de centaines de gènes, soutient le système immunitaire et limite les inflammations chroniques. Sans exposition, l’alimentation seule couvre mal les besoins, et le déficit chronique favorise infections, diabète et certains cancers internes, autant de causes majeures de décès.

La lumière déclenche aussi la libération d’oxyde nitrique dans la peau, une molécule qui dilate les vaisseaux et fait baisser la pression artérielle. Se priver de soleil, c’est perdre ce « médicament » naturel contre l’hypertension, alors que les maladies cardiovasculaires tuent bien plus que les cancers de la peau. D’où l’importance d’une exposition modérée : dix à trente minutes de soleil direct sur le visage et les bras, selon la saison et le type de peau, en fin de matinée ou en après-midi, sans écran total systématique, puis protection renforcée lors des longues expositions. Sortir marcher dehors à la pause déjeuner peut, à la longue, peser presque autant que ce que l’on met dans son assiette ou que l’on choisit de ne plus fumer.

En bref

  • En Suède, près de 30 000 femmes suivies plus de 20 ans par le Karolinska suggèrent qu’un manque de soleil réduit l’espérance de vie.
  • Les chercheuses comparent l’évitement du soleil à un comportement de tabagisme, avec une mortalité globale nettement plus élevée chez les plus prudentes.
  • Un éclairage nuancé montre en quoi quelques minutes de soleil bien utilisées pourraient compter lourd dans la balance de votre espérance de vie.