Je pensais assainir ma maison avec des bougies et de l’encens : cette erreur remplit votre salon de polluants invisibles
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Bougies parfumées, encens et sprays « purifiants » se sont imposés dans nos salons, surtout quand l’air semble lourd. Mais les chiffres de l’Ademe et de 60 Millions révèlent une pollution bien plus sournoise qu’on ne l’imagine.
Flamme qui danse sur la table basse, bâton d’encens pendant une séance de yoga, spray « purifiant » avant l’arrivée des invités… Beaucoup imaginent qu’en allumant une bougie parfumée ou un peu d’encens, ils assainissent l’air de leur salon. Une odeur agréable semble forcément rimer avec maison saine.
Les agences publiques comme l’Anses et l’Ademe rappellent pourtant que l’air intérieur peut être plus pollué que l’air extérieur. Et le magazine 60 Millions de consommateurs, après avoir testé 20 parfums d’intérieur, montre que ces produits ajoutent surtout des polluants. L’erreur, c’est de confondre parfum et air pur.
Bougies parfumées, encens, papier d’Arménie : ce que l’on respire vraiment
Derrière l’image naturelle, la composition surprend. Beaucoup de bougies parfumées vendues en grandes surfaces sont à base de paraffine, un dérivé du pétrole, avec parfums de synthèse et colorants. Le papier d’Arménie repose sur du benjoin mêlé à des solvants, tandis que les bâtons d’encens combinent résines, poudres de bois et liants parfois traités. Même les huiles essentielles deviennent problématiques quand on les chauffe ou qu’on en diffuse trop.
À chaque fois que ça brûle ou s’évapore, des composés organiques volatils (COV) se libèrent : formaldéhyde, benzène, toluène… Dans une pièce peu ventilée, leur concentration grimpe vite au-dessus des seuils recommandés pour la qualité de l’air intérieur. Les enfants, les personnes âgées ou asthmatiques restent les plus exposés à ce cocktail invisible.
Quand l’air « sent bon » mais que COV et particules explosent
Les tests de 60 Millions de consommateurs sur 4 encens, 4 bougies, 4 diffuseurs à bâtonnets, 4 diffuseurs électriques et 4 sprays sont parlants. Les encens arrivent largement en tête des mauvais élèves : ils émettent du benzène, du formaldéhyde, du styrène et d’autres cancérogènes. Pour le formaldéhyde, les mesures vont de 42 à 102 µg/m³, alors que l’Anses recommande 10 µg/m³ en moyenne à long terme et 50 µg/m³ sur deux heures. Les concentrations en particules fines PM10 et PM2,5 dépassent aussi largement les valeurs conseillées par l’OMS.
Les bougies s’en sortent un peu mieux : leurs COV totaux font partie des plus bas des catégories testées et trois sur quatre obtiennent une bonne note pour les particules. Mais plusieurs émettent encore des substances cancérogènes. Les diffuseurs à bâtonnets, eux, relâchent très peu de composés cancérogènes et peu de molécules irritantes. À l’inverse, certains diffuseurs électriques et sprays dits « assainissants », chargés en huiles essentielles, saturent l’air en terpènes : pour deux sprays, le total de COV frôle ou dépasse 3 000 µg/m³, seuil jugé préoccupant.
Les bons réflexes pour une ambiance agréable sans surpolluer son intérieur
Il n’est pas obligatoire de bannir tous ces rituels, mais de les remettre à leur juste place. L’air vraiment sain commence par une habitude simple : ouvrir les fenêtres quelques minutes chaque jour et après chaque combustion. Ensuite, mieux vaut réserver encens et papier d’Arménie à des usages très occasionnels, surtout en présence d’enfants ou de personnes fragiles.
- Limiter la combustion à deux heures maximum et une seule source parfumée à la fois.
- Privilégier des bougies en cire végétale (soja, colza, cire d’abeille), non colorées et peu parfumées.
- Choisir plutôt des diffuseurs à bâtonnets, utilisés par petites touches, dans une pièce ventilée.
- Tester des alternatives sans flamme : sachets de lavande, zestes d’agrumes, quelques gouttes d’huile essentielle sur un galet à froid.
Un intérieur peut rester chaleureux sans nuage parfumé permanent. Souvent, la sensation de propre vient surtout d’un air qui ne pique pas la gorge, ne donne pas mal à la tête… et ne sent presque rien.
En bref
- 60 Millions de consommateurs et l’Ademe alertent sur bougies parfumées et encens utilisés pour assainir l’air intérieur dans nos maisons fermées.
- Les tests comparent encens, bougies parfumées, diffuseurs et sprays, montrant des niveaux contrastés de COV, de particules fines et de substances cancérogènes.
- Gestes simples, choix de produits et alternatives sans flamme transforment pourtant ces rituels parfumés en ambiance cosy bien plus respirable qu’on ne le croit.
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