Tampons, serviettes, métaux lourds : cette alternative réutilisable que j’aurais voulu connaître plus tôt
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Entre irritations, métaux lourds et 70 kilos de déchets, l’envie d’une alternative aux tampons et serviettes hygiéniques grandit. Au fil d’un an de règles, une autre routine s’est installée, avec des effets bien plus profonds qu’attendu.
Fuites redoutées sur un pantalon clair, serviettes qui irritent, tampons qui assèchent : pour beaucoup, la semaine de règles ressemble à une corvée annoncée. Certaines qui ont changé de routine racontent qu’un an sans protections jetables a bouleversé leur quotidien. Elles parlent d’une vraie libération intime, et d’une alternative aux tampons et serviettes hygiéniques qu’elles auraient voulu connaître plus tôt.
Sur une vie, une femme utilise 10 000 à 15 000 protections jetables, soit jusqu’à 70 kilos de déchets difficiles à traiter. À cette montagne s’ajoutent la gestion du stock, la peur de la panne un jour férié et un budget qui grimpe mois après mois. Quand on additionne inconfort, coût et impact environnemental, l’idée de chercher une autre solution s’impose peu à peu.
Avant l’alternative : tampons, serviettes hygiéniques et charge mentale
Le quotidien avec tampons et serviettes rime souvent avec charge mentale : vérifier le stock avant chaque sortie, craindre la fuite en réunion ou la panne un jour férié. Beaucoup parlent aussi de sensation de « couche » épaisse, de frottements, d’odeurs, parfois de démangeaisons ou de mycoses qui reviennent juste après les règles.
Depuis quelques années, des études renforcent ce malaise. L’université de Californie à Berkeley a par exemple retrouvé 16 métaux lourds, dont l’arsenic, le cadmium, le mercure et du plomb dans 100 % des tampons testés, y compris bio. Publiée dans Environment International, l’étude demande plus de transparence et une réglementation plus stricte de ces produits intimes.
Coupe menstruelle et culotte menstruelle : une transition en douceur
Face à ces constats, beaucoup se tournent vers la coupe menstruelle et la culotte menstruelle. Le frein principal reste psychologique : peur de manipuler son sang ou de ne pas réussir à retirer la coupe. Beaucoup comparent cette phase d’apprentissage à la pose de lentilles de contact. L’Anses recommande de ne pas porter une coupe plus de six à huit heures et de la nettoyer avec soin, pour un usage serein.
Après deux ou trois cycles, les gestes deviennent presque automatiques et les bénéfices se voient vite. Beaucoup disent oublier leurs règles en journée : plus de sensation humide ni d’odeur, le sang restant à l’abri de l’air et des additifs. La coupe suit les mouvements sans gêner le sport, la culotte de nuit protège l’arrière du sous-vêtement. Plusieurs mois après, des utilisatrices décrivent moins d’irritations, moins de mycoses et une meilleure connaissance de leur flux grâce au volume visible dans la coupe.
Santé, budget, écologie : pourquoi le retour aux tampons semble impossible
Côté portefeuille, l’investissement de départ reste limité : une coupe entre 20 et 30 euros et un lot de culottes autour de 100 euros couvrent plusieurs années, alors que les jetables s’achètent tous les mois et finissent par coûter plusieurs milliers d’euros. Sur le plan écologique, éviter des milliers de tampons et serviettes, soit jusqu’à 70 kilos de déchets, change la donne. Des travaux récents ont toutefois détecté des PFAS dans une partie des culottes et coupes menstruelles testées, ce qui incite à privilégier les marques transparentes et à suivre les restrictions en préparation en Europe. Pour beaucoup déjà passées au réutilisable, cet équilibre entre confort, santé et impact environnemental rend le retour aux protections jetables difficile à imaginer.
En bref
- Une Française raconte un an de règles avec une alternative aux tampons et serviettes hygiéniques, après des années de fuites, irritations et charge mentale épuisante.
- Elle détaille sa transition progressive vers des protections menstruelles réutilisables, entre coupe menstruelle, culotte menstruelle et nouvelles habitudes d’hygiène intime plus sereines.
- Entre métaux lourds, PFAS, budget et déchets, son bilan après douze mois interroge la place des protections jetables dans notre quotidien intime.
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