Dans l’Oise, ce jardin privé aux 400 hortensias tient le coup en canicule grâce à une méthode qui peut sauver le vôtre
© Reworld Media
À Herchies, dans l’Oise, Didier et Catherine Bizet ont façonné depuis 1989 un Jardin du Brûle de 7 000 m², entre 400 hortensias et 300 tomates. Derrière cette folie douce labellisée Jardin remarquable se cache un combat bien plus discret contre les canicules qui s’enchaînent.
Entre Beauvais et Gerberoy, au bord d’une petite rivière de l’Oise, une ancienne pâture a changé de visage. Là où paissaient des vaches s’étend aujourd’hui un dédale vert, avec des allées ombragées, de l’eau partout et une sensation de fraîcheur presque inattendue en plein été.
Derrière ce décor se cache le Jardin du Brûle, à Herchies, façonné depuis 1989 par Didier Bizet et son épouse. Sur environ 7 000 m², ils ont rassemblé 400 hortensias, près de 300 variétés de tomates, un verger, un vignoble et plusieurs bassins. Didier sourit en parlant d’un « projet un peu barje, un peu cinglé ». Reste à comprendre comment ce jardin privé, labellisé Jardin remarquable, tient encore debout face aux canicules.
De l’ancienne pâture au jardin remarquable
Quand l’ancien commercial achète la pâture en 1989, il a d’abord un coup de cœur pour la rivière du Thérain qui longe le terrain. Avec sa femme, il a rapidement installé un premier étang, une cascade, puis des bassins. Le verger familial et le potager ont suivi, pour nourrir la maison autant que pour le plaisir.
Au fil des années, le terrain a été agrandi, planté, recomposé presque chaque saison. Arbres, vivaces, massifs de fleurs et coins potagers se sont emboîtés comme un puzzle. Le jardin a été ouvert au public il y a une dizaine d’années et a obtenu le label Jardin remarquable l’année suivante. De mai à octobre, les visiteurs arpentent ce travail de 37 ans, pensé dans les moindres détails.
400 hortensias, 300 tomates : un jardin aux multiples visages
Nous avons tous déjà rêvé d’un massif d’hortensias digne des cartes postales. Ici, ce rêve a pris de l’ampleur : 400 pieds bordent les allées, répondent aux arbres et se reflètent dans l’eau des bassins. Le bleu, le rose et le blanc des inflorescences se mêlent aux asters, dahlias et rosiers, pendant que libellules et canards animent les plans d’eau.
Côté potager, le même esprit de collection a guidé le couple. Le regard se perd parmi près de 300 variétés de tomates : grosses rouges charnues, noires presque chocolat, petites cerises jaunes parfaites pour l’apéro. Cette diversité nourrit les ateliers gaspacho organisés sur place, mais elle a aussi protégé les récoltes quand certaines variétés ont souffert de la chaleur. Petit bonus : le verger et quelques rangs de vigne complètent ce paysage très vivant.
Canicules : un travail de forçat et des leçons pour nos jardins
Les derniers étés ont mis ce paradis à rude épreuve. Pour sauver le jardin malgré l’absence de pluie, « ça a été un travail de forçat, un véritable bouche-à-bouche », confie Didier Bizet à France 3. Malgré les grands arbres, l’eau et les vivaces, le couple est « arrivé aux limites de la souffrance pour les végétaux ».
De cette épreuve, plusieurs idées se dégagent pour nos propres jardins. Miser sur l’ombre des arbres et le paillage plutôt que sur de grandes pelouses nues. Diversifier les variétés de tomates et d’arbustes, quitte à renoncer à certaines plantes trop fragiles, comme le couple qui admet que « certains végétaux ne pourront plus être plantés chez nous ». Et, pourquoi pas, aller voir sur place, entre mai et octobre, ce projet un peu cinglé qui donne tant d’idées, même aux petits jardins de ville.
En bref
- En 1989, à Herchies, Didier et Catherine Bizet lancent le Jardin du Brûle, 7 000 m² aujourd’hui remplis de 400 hortensias et 300 tomates. 🌿
- Entre ruisseau, bassins, verger, vignoble et potager de collection, ce jardin remarquable privé compose un puzzle végétal mis à rude épreuve par la chaleur. 🍅
- Derrière le « projet un peu cinglé », un travail de forçat et des idées concrètes esquissent une façon de jardiner malgré les canicules. 🌞
Abonnez-vous pour ne rien rater de l’actualité