Transpirez-vous en plein hiver ? Les médecins pointent cette cause cachée du quotidien que l'on sous-estime tous

Publié le ParRédaction Elle adore
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Transpiration en hiver, mains moites et auréoles sous le pull alors qu’il gèle dehors : les médecins voient ces scènes se multiplier. Derrière ce paradoxe, un mécanisme discret interroge désormais la profession.

Il fait 3 °C dehors, vous êtes emmitouflé dans votre manteau, et pourtant vos aisselles sont humides, vos mains collent au volant. Cette scène hivernale, beaucoup la vivent en silence. Transpirer alors qu’on grelotte interroge, voire inquiète, surtout quand la sueur laisse des auréoles sur un pull qu’on pensait « safe ».

Les médecins décrivent la transpiration en hiver comme un motif de consultation de plus en plus fréquent. Une partie s’explique par les vêtements chauds et les intérieurs surchauffés, mais, une fois ces facteurs écartés, un autre élément revient sans cesse dans leurs observations : un stress émotionnel qui s’installe en toile de fond.

Transpiration en hiver : ce que fait vraiment votre corps

Sur le plan biologique, la transpiration reste le système de refroidissement principal du corps, quelle que soit la saison. Entre le froid extérieur, les transports bondés et les bureaux chauffés, la température interne fait le yo-yo. Le corps réagit en produisant de la sueur, parfois même de façon « invisible », via une évaporation continue par la peau et la respiration.

Certaines personnes vont plus loin et souffrent d’hyperhidrose, une transpiration excessive qui survient sans effort particulier ni chaleur, souvent aux mains, aux pieds ou aux aisselles. Les pieds, par exemple, concentrent environ 250 000 glandes sudoripares, ce qui explique qu’ils deviennent moites dans des bottes fermées, même quand l’air extérieur pique les joues.

Quand la transpiration hivernale trahit le stress et la charge mentale

Une fois les gros manteaux et le chauffage mis en cause, les médecins observent très souvent un lien direct avec le stress émotionnel. Face à un mail urgent ou à une réunion tendue, le cerveau active le mode « combat ou fuite ». Adrénaline et cortisol montent, le système nerveux stimule les glandes sudoripares comme si un sprint se préparait, alors que vous restez assis, parfois frigorifié.

Cette sueur de stress ne ressemble pas tout à fait à celle d’un footing. Produite par des glandes dites apocrines, elle contient plus de lipides et de protéines, ce qui nourrit les bactéries responsables de la « bromhidrose », ces odeurs fortes et tenaces. Elle se concentre surtout sur les paumes, la plante des pieds et les aisselles, donnant cette sensation de sueurs froides très ciblées.

Que faire si vous transpirez en plein hiver : réflexes utiles

Avant d’accuser uniquement vos nerfs, quelques réglages concrets peuvent aider. Mieux vaut superposer des couches fines et respirantes plutôt qu’une seule doudoune étouffante, porter du coton ou du lin au contact direct de la peau, changer de chaussettes dans la journée et laisser les chaussures sécher. Une hygiène soigneuse limite aussi mycoses et petites infections qui aggravent les odeurs, surtout chez les personnes en surpoids, diabétiques ou sous certains médicaments.

Si malgré ces ajustements la transpiration en hiver reste abondante, gêne vos relations ou survient la nuit avec amaigrissement, fièvre ou palpitations, un avis médical s’impose. En l’absence de cause organique, travailler sur la charge mentale devient alors central : pauses de respiration quelques minutes, activité physique régulière, diminution de la caféine et de l’alcool. Pour beaucoup de patients, comprendre que ces sueurs sont le langage du corps permet déjà de les appréhender autrement.

En bref

  • Transpiration en hiver, mains moites au volant ou en réunion, pousse de plus en plus de patients à consulter pour des sueurs jugées anormales.
  • Les médecins distinguent la sueur liée au froid, aux vêtements et aux intérieurs chauffés de la transpiration nerveuse déclenchée par stress ou surcharge émotionnelle.
  • Gestion du stress, choix des textiles, hygiène ciblée et dépistage d’éventuelles maladies composent une réponse nuancée à ces sueurs hivernales encore mal comprises.