Jardin : ces arbres fruitiers à tailler en janvier, surtout pas en fin d’hiver, si vous tenez à votre récolte
Beaucoup de jardiniers attend la douceur de mars pour sortir le sécateur, persuadés de protéger leurs arbres fruitiers des rigueurs de l’hiver. Le geste semble logique, pourtant il tombe parfois au plus mauvais moment pour la plante. Au cœur de la saison froide, la mécanique interne de l’arbre n’est pas du tout la même qu’en fin d’hiver. C’est là que se joue une partie de votre future récolte.
En janvier, la plupart des fruitiers sont en repos végétatif, la sève rangée dans les racines et les branches totalement nues. Tailler dans cette phase de dormance ne provoque presque aucune perte d’énergie et permet de remodeler la charpente avec une visibilité idéale. Attendre la reprise de végétation revient au contraire à amputer un arbre qui a déjà commencé à consommer ses réserves. Encore faut-il savoir quels fruitiers en profitent vraiment.
Janvier, une fenêtre idéale pour certains arbres fruitiers
En plein hiver, l’arbre est comme sur pause : la sève circule très peu, les tissus cicatrisent bien et les bourgeons de fleurs restent encore discrets. Tailler à ce moment permet de concentrer l’énergie future sur les branches conservées, donc sur la fructification. Moins il y a de bois à nourrir, plus chaque fruit a de chances d’être gros et sucré. Cette logique vaut surtout pour les fruitiers robustes à pépins et les petits fruits.
Si l’on attend la fin de l’hiver, la sève est déjà remontée vers l’extrémité des rameaux et les bourgeons gonflent. Chaque coupe supprime alors des réserves, des futures fleurs et ouvre davantage la porte aux maladies. Sur la vigne ou certains arbres sensibles, cette taille tardive provoque même des écoulements de sève appelés pleurs. Autre inconvénient, la végétation masque vite la structure et complique les gestes précis.
Ces arbres fruitiers à tailler sans attendre la fin de l’hiver
Parmi les arbres fruitiers à tailler en janvier, les plus concernés sont les espèces à pépins comme le pommier, le poirier ou le cognassier. Les petits fruits que sont le framboisier, le groseillier, le cassissier ou le noisetier apprécient aussi un rajeunissement hivernal, tout comme la vigne. Pour s’y retrouver, quelques exemples parlants :
- Pommier, poirier, cognassier : taille de structure et de fructification en plein repos.
- Framboisiers et autres petits fruits : suppression des vieux rameaux pour relancer la production.
- Noisetier : éclaircissage du centre pour laisser entrer lumière et air.
- Vigne : raccourcir les sarments avant la montée de sève pour limiter les pleurs.
Dans plusieurs régions, des ateliers de taille de vergers haute-tige sont d’ailleurs programmés en plein mois de janvier, comme celui organisé le 13 janvier 2026 au verger de Terrabùndo à Ennevelin. C’est le signe que ce calendrier n’a rien d’une lubie, à condition de respecter le stade de repos des arbres et de ne pas intervenir sur les espèces qui le supportent mal.
Les fruitiers à épargner et les risques d’une taille mal placée
Attention aux fruitiers à noyaux comme l’abricotier, le pêcher, le prunier ou le cerisier, mais aussi au noyer, au figuier, aux agrumes et aux jeunes sujets affaiblis. Sur ces arbres, une taille en plein hiver favorise les maladies silver leaf ou chancre bactérien ; mieux vaut intervenir au printemps, ou juste après la récolte.