Jardin : ces plantes de janvier que les jardiniers prévoyants mettent en terre pour un décor déjà printanier
Une fois les guirlandes rangées, beaucoup regardent leur jardin comme un décor figé, condamné à rester gris jusqu’en mai. Les massifs paraissent nus, les pots abandonnés sur la terrasse. Pourtant, les jardiniers prévoyants savent que janvier est un mois charnière, idéal pour préparer un extérieur qui semblera déjà sortir de l’hiver.
En janvier 2026, la structure du jardin est mise à nu : silhouettes des arbustes, sols dégagés, recoins oubliés. C’est le moment d’y glisser des plantes qui fleurissent en janvier et cassent le duo marron-gris. Une touche de rose, de blanc ou de jaune au milieu du givre change tout, presque comme un secret bien gardé.
Hellébore et camélia, le duo qui fait croire au printemps
Sous les arbres ou le long d’un mur au nord, l’hellébore, surnommée "Rose de Noël", reste la star. Cette vivace d’une robustesse à toute épreuve ouvre ses fleurs blanches, pourpres ou verdâtres alors que le sol est encore froid. Elle structure les bordures basses, demande peu d’entretien une fois installée, et ses corolles dressées au cœur de l’hiver donnent immédiatement un air de massif de début mars.
Pour apporter de la hauteur et un feuillage persistant bien lustré, le camélia prend le relais. Les variétés à floraison hâtive comme les Sasanqua ou certains Japonica précoces offrent des fleurs raffinées qui rappellent les pivoines. Il faut simplement lui offrir une terre acide de type bruyère et une exposition abritée des vents froids. Associé aux hellébores, il compose un décor qui semble déjà prêt pour les beaux jours.
Viburnum, mahonia et jasmin d’hiver : structure, parfum et lumière
Pour animer une haie libre ou un coin près de l’allée, le viburnum (viorne d’hiver) assure la structure. Ses petites fleurs rassemblées en bouquets rosés ou blancs dégagent un parfum étonnamment puissant quand l’air est frais. Plus graphique, le mahonia, avec ses feuilles piquantes rappelant le houx et ses longues grappes jaunes, apporte une lumière presque solaire aux zones un peu tristes. Le cultivar Mahonia 'Charity' peut devenir la pièce maîtresse d’un massif, tout en offrant refuge et nourriture à la faune.
Sur un muret ou une clôture, le jasmin d’hiver (*Jasminum nudiflorum*) fait office de guirlande naturelle. Ses rameaux souples se couvrent d’innombrables fleurs jaune vif avant même l’apparition des feuilles. Guidé sur un support ou laissé retomber, il crée une cascade dorée qui capte le moindre rayon, véritable plante "anti-grisaille" pour donner au jardin un aspect quasi printanier.
Les réflexes de janvier du jardinier prévoyant
Planter en plein cœur de l’hiver impose quelques règles. L’erreur serait de travailler une terre gelée ou gorgée d’eau. Mieux vaut attendre un léger redoux, installer les mottes puis protéger les racines. Un paillage organique de 5 à 7 cm (feuilles mortes, broyat) limite les chocs de température et garde l’humidité, tandis qu’un arrosage modéré hors période de gel aide à la reprise. Un nettoyage en douceur des feuilles abîmées des hellébores met les fleurs en valeur et limite les maladies.
- Vérifier que le sol n’est ni dur comme de la pierre ni saturé d’eau.
- Pailler généreusement les nouvelles plantations.
- Arroser si la pluie manque, mais jamais en période de gel.
- Nettoyer sans excès pour laisser des refuges à la faune utile.
Les jardiniers prévoyants pensent aussi au sol et aux tailles. Pour le microbiologiste Christophe Mercier-Thellier, "Une éponge humide pendant plus de 10 heures devient un incubateur parfait. Elle ne sèche jamais complètement, permettant aux microbes de se multiplier sans interruption", a-t-il expliqué au Figaro ; d’où l’intérêt de bien l’assainir avant de la mettre au compost. "Au lieu de jeter les vieilles éponges, vous pouvez les couper et les ajouter à votre compost. Si elles sont fabriquées à partir de sources naturelles comme le loofah ou la cellulose, elles sont parfaites pour équilibrer les matériaux riches en azote et absorber l’eau, en gardant le compost bien humide pour l’activité microbienne", a expliqué Richard King, expert en jardinage et directeur de Dino Decking, au média britannique Express, tout en rappelant : "Les éponges de cuisine synthétiques, en revanche, ne doivent jamais être compostées car elles peuvent ajouter des toxines au compost". Côté sécateur, les rosiers "ont besoin que les tiges mortes ou qui se frottent soient supprimées", a indiqué Julian Palphramand, responsable des plantes chez British Garden Centres, au média Express, qui précise aussi : "Les hortensias paniculés et les hortensias arborescents supportent des coupes sévères, en retirant entre un tiers et la moitié du bois le plus âgé avant que les bourgeons ne gonflent." Pour les clématites de groupe 3, le jardinier Mickey Gast conseille de les rabattre pour "stimuler une repousse vigoureuse", tandis que les experts de Hillier résument la taille hivernale des fruitiers à pépins ainsi : "Supprimez les branches qui se croisent, mortes ou malades. Raccourcissez la pousse de l’année précédente d’un tiers", ont-ils indiqué au média Express. Mickey Gast rappelle enfin : "L’hiver n’est pas le moment de tailler ces plantes, car vous enlèveriez en même temps les nouveaux bourgeons."