Les arboriculteurs supplient d’arrêter cette habitude d’automne avec le poirier, elle ruine la récolte du printemps
© Reworld Media
Fin de récolte, beaucoup sortent le sécateur en pensant aider leur poirier. Ce réflexe d’automne pourrait pourtant coûter cher à la floraison du printemps.
Fin septembre, les cagettes se remplissent de poires et, presque machinalement, le sécateur suit. On croit offrir un « coup de propre » au poirier avant l’hiver. Dans bien des jardins, c’est pourtant à ce moment précis que se joue la mauvaise récolte du printemps suivant.
Les arboriculteurs n’en peuvent plus de le répéter : mal placé, ce geste affaiblit durablement l’arbre. Le poirier, Pyrus communis, continue longtemps à travailler après la dernière cueillette. Comprendre ce qui se passe alors dans ses branches change complètement la façon de le tailler.
Pourquoi une taille trop précoce épuise le poirier
Après la récolte, l’arbre garde toutes ses feuilles pour fabriquer des sucres et recharger ses réserves dans les racines, le tronc et les grosses branches charpentières. En supprimant d’un coup une partie de ce feuillage, on coupe court à cette phase clé et l’on sacrifie nombre de futurs bourgeons à fleurs.
Autre détail invisible à l’œil nu : une taille hâtive pousse souvent l’arbre à émettre de jeunes rameaux encore tendres. Ce bois mal aoûté n’a pas le temps de durcir avant l’hiver et se montre très sensible au gel, surtout lorsque le thermomètre frôle les -20°C. D’où des pointes grillées et une reprise mollassonne au printemps.
Changer de calendrier : observer d’abord, couper ensuite
Nous avons tous déjà taillé « pour faire propre », en pensant, comme le rappelle Trucmania, « un bon coup et ça repart ». Mieux vaut adopter le réflexe des anciens : autour de la Toussaint, on range le sécateur et on regarde. Avec les premières feuilles tombées, apparaissent clairement bois mort, branches qui se croisent et longues tiges gourmandes dressées vers le ciel.
On ne taille vraiment qu’entre novembre et mars, en dehors des épisodes de gel, quand le poirier est au repos végétatif. Une journée sèche et sans vent permet de retirer une branche malade, un rameau cassé, d’éclaircir un peu le centre, sans jamais tout rabattre.
Les bons gestes d’hiver pour un poirier généreux
En plein hiver, un sécateur bien aiguisé et désinfecté suffit : on commence par le bois mort et malade, puis on garde trois ou quatre branches charpentières, en raccourcissant les rameaux secondaires à 10 à 20 cm au-dessus d’un bourgeon tourné vers l’extérieur.
En bref
- Fin de récolte, les arboriculteurs alertent sur la taille du poirier, souvent réalisée au mauvais moment dans les vergers familiaux. 🍐
- Le guide explique comment le poirier continue à stocker ses réserves après la cueillette et pourquoi une taille anticipée fragilise branches et floraison. ✂️
- Entre repos végétatif, choix du bon créneau et gestes d’hiver ciblés, un autre calendrier de taille du poirier change totalement la récolte. 🌱
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