Lierre sur les murs : ce détail méconnu peut sauver votre façade… ou la détruire en silence

Accusé de fendre les façades, le lierre commun s’invite pourtant sur de plus en plus de maisons en France. Mur sain, mur fragile : à quel moment devient‑il bouclier ou menace ?
Lierre sur les murs : ce détail méconnu peut sauver votre façade… ou la détruire en silence

On soupire souvent en voyant le lierre grimper sur une façade : ça fait "négligé", ça donnerait des idées aux bêtes et, surtout, tout le monde a entendu dire qu’il finit par faire éclater les murs. Beaucoup de propriétaires l’arrachent donc aussitôt, quitte à exposer la maçonnerie.

Pourtant, les botanistes le rappellent, le lierre commun Hedera helix n’est pas un parasite mais une vivace dont les crampons s’agrippent au support tandis que les racines restent dans le sol. Sur un mur de maison en bon état, ce tapis vert peut même devenir un bouclier thermique et vivant.

Lierre sur les murs : pourquoi il inquiète autant les propriétaires

Sur un bâti fragile, pourtant, la mauvaise réputation du lierre n’est pas usurpée. Quand les joints d’un mur ancien sont friables ou quand un crépi se fissure, les racines crampons se glissent dans les failles, agrandissent les microfissures et retiennent l’humidité, avec à la clé infiltrations et enduits qui s’écaillent.

Dans les jardins peu entretenus, le lierre peut aussi filer vers les gouttières, les volets, voire le toit, où ses tiges soulèvent les tuiles et bouchent les évacuations d’eau. Quand il recouvre totalement un arbre affaibli ou une clôture déjà branlante, son poids alourdit la structure et renforce l’idée qu’il "tue" les arbres et "mange" les murs.

Quand le lierre devient un véritable bouclier pour la maison

Sur un mur sain, en briques ou en parpaings bien jointoyés, le tableau change. Le manteau de feuilles forme une couche d’air qui limite les chocs thermiques. En été, il fait ombre sur la maçonnerie ; en hiver, il joue le rôle de coupe-vent et réduit les déperditions de chaleur, une forme d’isolation thermique naturelle.

L’hiver venu, les baies sombres du lierre prennent le relais après celles du houx et aident rouge-gorges ou merles à tenir jusqu’au printemps. "Ce n'est peut être pas à la mode de laisser pousser le lierre sur les murs et les clôtures, mais c'est une plante absolument excellente pour offrir des sites de nidification à des colonies de moineaux domestiques ainsi qu'à des rouges gorges et des troglodytes", souligne la Royal Horticultural Society.

Garder ou enlever le lierre de la façade : comment décider

Pour décider si le lierre sur les murs de la maison est un atout ou un risque, quelques repères simples aident à trancher. Un mur peut en gros se ranger dans trois cas de figure.

Quand le mur entre dans la dernière catégorie ou que les tiges gagnent déjà la toiture et les gouttières, un retrait progressif s’impose. "Je suis une experte en jardinage, il n'y a qu'une seule façon naturelle d'enlever le lierre pour qu'il ne revienne jamais" et "la seule façon efficace de tuer le lierre est l'enlèvement manuel", affirme Chelsey, fondatrice du site Good Grow, citée par le média britannique Express. Les pros recommandent de couper les tiges à la base, de les laisser sécher pour qu’elles brunissent puis de décoller doucement chaque segment, tout en arrachant un maximum de racines, plutôt que d’utiliser vinaigre ou sel, agressifs pour le sol et inefficaces sur la souche.