Plantes vertes : arrêtez de faire ce geste après l’arrosage, il étouffe les racines et peut tuer vos plantes
Vos ficus et monsteras jaunissent alors que vous suivez scrupuleusement votre planning d’arrosage. Les feuilles pendent, les tiges mollissent, vous rajoutez un peu d’eau et, quelques semaines plus tard, la plante finit à la poubelle. Beaucoup l’expliquent par un manque de lumière ou d’engrais. En réalité, un seul geste, répété à chaque arrosage, suffit à condamner lentement les racines de la plupart des plantes vertes d’intérieur.
Ce geste paraît banal : laisser l’excédent d’eau au fond du cache-pot ou de la soucoupe. L’eau qui a traversé le terreau reste bloquée dans ce contenant étanche, invisible sous le pot, parfois pendant des semaines en plein hiver. En surface, la terre semble sèche, ce qui incite à ré-arroser. C’est là que commence le cercle vicieux qui mène à la pourriture des racines.
Ce que fait vraiment l’eau stagnante dans le cache-pot
Dans un substrat sain, les racines ne se contentent pas de boire, elles respirent. Entre les particules de terreau se trouvent des micro-poches d’air indispensables à l’absorption de l’oxygène. Quand l’eau stagne dans le cache-pot, elle remonte par capillarité et sature le substrat. L’air est chassé, les racines se retrouvent confinées dans un milieu gorgé d’eau, privé d’oxygène : c’est l’asphyxie racinaire.
Privées d’oxygène, les racines cessent d’absorber eau et nutriments, puis meurent. En milieu anoxique, bactéries et champignons pathogènes se développent vite, transformant les tissus en une bouillie brune et gluante qui remonte vers la base de la tige. En janvier, le risque explose : la croissance est ralentie, la plante boit peu, le chauffage assèche l’air mais ne fait pas évaporer cette eau piégée au fond du pot.
Feuilles jaunes, odeur de vase : les signes que les racines se noient
Le plus trompeur, c’est que la plante noyée ressemble à une plante qui a soif. Les feuilles deviennent molles, pendantes, jaunissent de manière uniforme, parfois marbrées de taches brunes ou noires. Les jeunes pousses brunissent avant même de se déployer. Comme les racines pourries n’acheminent plus l’eau, la plante se flétrit au milieu de l’humidité, et l’on croit bien faire en arrosant encore.
Des signaux très concrets permettent pourtant de repérer cet excès d’eau. En approchant votre nez du terreau ou en soulevant le pot intérieur, une odeur de vase, de cave humide ou d’œuf pourri indique que l’eau croupit depuis trop longtemps. D’autres indices s’ajoutent facilement à l’œil nu :
- présence de moucherons de terreau qui tournent autour du pot ;
- substrat froid et compact alors que la surface paraît sèche ;
- pot anormalement lourd, avec de l’eau visible dans la soucoupe.
La règle des 15 minutes pour sauver vos plantes vertes
La parade tient en une habitude toute simple : la règle des quinze minutes. Après l’arrosage, placez la plante dans l’évier ou la baignoire et laissez-la s’égoutter librement pendant environ un quart d’heure. Puis soulevez le pot de culture et videz entièrement l’eau accumulée dans le cache-pot ou la soucoupe. Aucune flaque ne doit rester ; sinon, les racines se retrouvent de nouveau les "pieds dans l’eau".