Pommiers, poiriers : cette erreur de calendrier en février ruine vos récoltes, il faut agir dès janvier

En ce 14 janvier, vos pommiers et poiriers semblent encore endormis, pourtant la taille d’hiver joue déjà leur récolte des prochaines années. Faut‑il vraiment attendre février pour intervenir sans risque ?
Pommiers, poiriers : cette erreur de calendrier en février ruine vos récoltes, il faut agir dès janvier

Au jardin, beaucoup se disent qu’ils auront bien le temps de sortir le sécateur en février, quand il fera un peu moins froid. Sauf qu’en ce milieu de mois de janvier, alors que le verger semble figé, vos pommiers et poiriers ont déjà enclenché leur calendrier interne, discret mais bien réel.

Avec des hivers plus doux en France, la barre des 10 °C est parfois franchie plusieurs jours d’affilée dès février. À partir de là, le repos végétatif se termine, la sève se remet en mouvement et la fenêtre idéale se referme pour une taille pommier poirier janvier vraiment sereine. La question n’est donc plus "quand il fera beau", mais "jusqu’à quand on peut attendre".

Pourquoi la taille pommier poirier janvier protège vos récoltes

En janvier, la sève a redescendu dans les racines, l’arbre tourne au ralenti et les branches sont nues. C’est le cœur du repos hivernal, le moment où la taille de structure se fait avec le moins de stress pour le végétal. Les coupes cicatriseront au réveil du printemps, en même temps que la nouvelle circulation de sève se mettra en place.

Les sources le rappellent comme une véritable course contre la sève : couper une grosse branche en février ou mars revient à ouvrir un robinet, l’arbre "pleure", s’épuise et laisse la porte ouverte aux champignons et bactéries. Intervenir sur les charpentes entre novembre et mars, hors gel, mais en privilégiant janvier, limite ce risque et économise l’énergie de l’arbre pour la future fructification.

En hiver, bâtir la charpente avant de penser aux fruits

L’erreur classique consiste à se concentrer tout de suite sur la taille de fructification et les bouquets de bourgeons à fleurs. En plein hiver, la priorité reste la charpente : sélectionner quelques branches charpentières bien réparties, capables de porter plusieurs kilos de pommes ou de poires sans casser. On accepte parfois de perdre un peu de récolte immédiate pour un arbre plus solide et des fruits de meilleur calibre les années suivantes.

Un autre enjeu, c’est d’ouvrir le cœur de l’arbre. Les jardiniers visent une forme en gobelet, avec un centre dégagé pour laisser entrer la lumière et l’air. Un feuillage qui sèche vite après la pluie limite les maladies cryptogamiques comme la tavelure ou l’oïdium. Comme le rappelle un article de 20 Minutes : "un oiseau devait pouvoir traverser l'arbre en volant sans toucher les branches", une règle simple qui se vérifie particulièrement bien en janvier, sans feuilles.

Que couper maintenant sur vos pommiers et poiriers

La bonne méthode consiste à tourner lentement autour de chaque arbre pour lire sa structure. Une fois le diagnostic posé, la taille vise à simplifier la ramure et à orienter la sève vers les branches d’avenir, en ciblant en priorité :

  • le bois mort ou malade, à supprimer jusqu’au tissu sain ;
  • les branches qui se croisent, en retirant la plus faible ;
  • les branches dirigées vers l’intérieur, qui bouchent le centre ;
  • les gourmands verticaux, très vigoureux mais peu fructifères.

Pour tout cela, mieux vaut des outils bien affûtés, désinfectés à l’alcool à 90° entre chaque arbre, des coupes nettes au-dessus d’un bourgeon tourné vers l’extérieur, et un mastic cicatrisant sur les grosses sections. Le verger paraît plus nu après la taille, pourtant il se prépare à une reprise plus vigoureuse et à des récoltes plus régulières dès que le printemps redémarre.