Être mince ne suffit plus : ce danger caché que la balance ignore inquiète de plus en plus les médecins
Autour d’une table de fête ou d’un déjeuner au bureau, il y a toujours cette personne qui enchaîne burgers, pizzas ou bûches sans que son jean ne serre d’un millimètre. Les regards se tournent vers elle avec une pointe de jalousie, comme si sa silhouette fine était un passeport garanti pour une longue vie en bonne santé.
On lui lance parfois, entre deux bouchées de galette : "Quelle chance tu as d'être si mince, tu dois être en pleine forme !", illustre le site Journal des Seniors. Pourtant, les médecins décrivent de plus en plus des profils minces mais à risque, où l’organisme souffre en silence. Derrière un chiffre rassurant sur la balance, les choses peuvent être très différentes.
IMC normal, taille fine : pourquoi cela ne suffit pas
Longtemps, l’IMC a servi de boussole unique : entre 18,5 et 25, on se croit dans la zone "normale". Ce calcul poids/taille ne regarde pourtant pas ce qui compose réellement le corps. Un athlète très musclé peut être classé en surpoids alors qu’il a une santé métabolique solide, quand une personne mince, sédentaire et riche en masse grasse interne passe pour "saine" sur le papier.
Les médecins parlent de profil faux maigre, ou TOFI ("Thin Outside, Fat Inside"). De l’extérieur, la silhouette est svelte. À l’intérieur, l’abdomen stocke une importante graisse viscérale, ce tissu profond qui s’enroule autour du foie, du pancréas ou des intestins. Ce gras caché alimente une inflammation chronique et se retrouve associé à une résistance à l’insuline, un diabète de type 2 débutant, des triglycérides et un cholestérol élevés, une hypertension ou un foie gras, sans qu’aucun kilo ne se voie.
Graisse viscérale, malbouffe et manque de muscles
La graisse que l’on pince sur les hanches est moins inquiétante que celle qui s’infiltre autour des organes. Chez certains minces au métabolisme rapide, l’absence de prise de poids agit comme un permis illimité de malbouffe : excès de sucres rapides, de graisses de mauvaise qualité, de produits ultra-transformés. Les artères, elles, encaissent les dégâts, tandis que les carences en fer, magnésium ou vitamines affaiblissent l’immunité, entretiennent la fatigue, une peau fragile, des cheveux ternes ou des ongles cassants.
Autre angle mort : la masse musculaire. Sans activité physique régulière, les muscles fondent, un phénomène de sarcopénie qui apparaît de plus en plus tôt. Le muscle protège les articulations, soutient la colonne, stocke le glycogène et aide à réguler la glycémie après les repas. Un corps "léger mais faible" gère souvent moins bien les excès de sucre qu’une personne un peu plus ronde mais musclée et active.
Comment savoir si sa minceur rime avec vraie santé
Les études citées rappellent qu’une personne en léger surpoids mais qui marche, jardine ou fait du sport peut présenter de meilleurs marqueurs cardiovasculaires qu’un mince immobile. Le cœur, les poumons et les artères regardent d’abord la capacité à l’effort, pas la taille du jean. La sédentarité agit comme un poison silencieux, tandis que "le mouvement est le véritable médicament", quel que soit le poids.
Certains signaux doivent alerter même avec une silhouette fine :
- tour de taille élevé ou ventre gonflé avec bras et jambes fins ;
- essoufflement rapide dans les escaliers ;
- tension artérielle, glycémie, cholestérol ou triglycérides déséquilibrés aux prises de sang ;
- fatigue persistante, infections à répétition, sommeil peu réparateur.
Observer ces indices, parler à son médecin et miser sur une alimentation nourrissante et le mouvement quotidien permet de juger la vraie forme du corps, bien au-delà du simple chiffre affiché sur la balance.