5000 € pour rester au lit à Toulouse : cette expérience spatiale cache une épreuve que peu de Français supporteraient

Publié le ParRédaction Elle adore
5000 € pour rester au lit à Toulouse : cette expérience spatiale cache une épreuve que peu de Français supporteraient © Reworld Media

5000 euros pour rester allongé dix jours à Toulouse : l'annonce semble taillée pour les fins de mois en galère. Mais derrière l'étude spatiale du MEDES se profile une épreuve physique et mentale que peu accepteraient.

En cherchant un petit boulot pour arrondir les fins de mois, on tombe sur cette annonce qui fait frissonner : 5000 euros pour rester au lit, à Toulouse. Pas besoin de diplôme, pas de patron sur le dos, juste dix jours à ne pas bouger. Dans un pays où tout augmente, l’idée a de quoi faire rêver plus d’un portefeuille.

Sauf que cette proposition très réelle ne vient pas d’une marque de matelas, mais du MEDES, l’Institut de Médecine et de Physiologie Spatiales. Derrière ces 5000 euros, il s’agit de préparer les futures missions vers la Lune ou Mars. Et l’épreuve demandée aux volontaires cumule deux privations que peu de Français accepteraient de subir longtemps.

5000 euros pour rester allongé : le faux job de rêve à Toulouse

Concrètement, l’étude dure une vingtaine de jours, avec une phase centrale de dix jours où il faut rester allongé en continu. Les participants sont installés sur des lits inclinés à -6 degrés, la tête plus basse que les pieds, pour recréer les effets de la micropesanteur sur le corps. Pas question de « tricher » : on ne se lève jamais, même pas pour aller aux toilettes ou prendre une douche.

Sur le papier, être payé pour ne rien faire rappelle une grasse matinée géante. Dans la réalité, l’oisiveté devient un travail à temps plein. Chaque geste du quotidien se fait au lit, sous l’oeil de l’équipe médicale, et l’intimité disparaît presque totalement. Ce qui ressemble à des vacances forcées se transforme vite en huis clos où le temps semble s’étirer à l’infini.

Jeûne, tête en bas et ennui : ce que cache vraiment l’étude spatiale

La spécificité de cette campagne tient surtout à la nourriture. L’apport est limité à environ 250 kilocalories par jour, soit à peine 10 % des besoins d’un adulte. En pratique, les volontaires reçoivent un peu de miel, un bouillon, un jus de fruit et quelques compléments, rien de plus. Les chercheurs veulent simuler une crise alimentaire à bord d’un vaisseau spatial, en cas de panne de ravitaillement pendant un vol de longue durée.

Combinée à la position tête en bas, cette faim contrôlée met l’organisme à rude épreuve. Les liquides remontent vers le haut du corps, le visage gonfle, le système cardiovasculaire doit s’adapter. Très vite, les muscles fondent, les os se fragilisent, le dos fait souffrir à cause de l’allongement de la colonne vertébrale et les vertiges guettent. À tout cela s’ajoutent l’ennui, la sensation de vide dans l’estomac et la dépendance totale au personnel soignant.

Peu de Français sont éligibles à ces 5000 euros, mais vous pouvez tenter

Tout le monde ne peut pas se porter candidat. Les critères sont stricts : généralement des hommes de 20 à 45 ans, non fumeurs, sans traitement médical, avec un indice de masse corporelle précis et une pratique sportive régulière. Le moindre souci de santé, la moindre fragilité psychologique, et la candidature s’arrête net après les examens sanguins, cardiaques et psychologiques.

Il faut aussi pouvoir disparaître une vingtaine de jours, hospitalisé à Toulouse, sans télétravail ni déplacements, puis encaisser la fatigue au retour à la vie normale. Le MEDES organise régulièrement ce type d’études, certaines ayant déjà duré 60 jours pour 18 000 euros, avec des volontaires sortant amaigris et épuisés. Rester dix jours la tête en bas, le ventre quasiment vide, pour la science et pour 5000 euros : chacun doit mesurer jusqu’où il est prêt à aller.

En bref

  • À Toulouse, le MEDES propose 5000 euros à quelques volontaires triés sur le volet pour rester allongés une vingtaine de jours dans sa clinique spatiale.
  • Le protocole impose un alitement continu en position inclinée et une alimentation ultra restreinte, sous surveillance médicale permanente pour simuler les contraintes des missions spatiales.
  • Entre faim, ennui, perte musculaire et intimité réduite à néant, cette expérience payée interroge sur le vrai prix à payer pour gagner 5000 euros.