Poisson : vous pensiez bien faire pour votre santé, voici ce que contiennent vraiment ceux que vous achetez

Publié le ParRédaction Elle adore
Poisson : vous pensiez bien faire pour votre santé, voici ce que contiennent vraiment ceux que vous achetez © Reworld Media

Vous pensiez protéger votre santé en remplaçant la viande par du poisson ? Entre oméga-3 et mercure, ce qui se cache dans votre assiette pourrait surprendre.

Devant l’étal du poissonnier, beaucoup de Français reposent la viande rouge et se tournent vers un beau filet de dorade ou de saumon, persuadés de faire le choix le plus sain. Le poisson reste associé à la mer pure, à la ligne fine et au cœur protégé. Longtemps, personne n’a vraiment questionné ce réflexe.

Les études récentes bousculent pourtant cette image. Le même filet peut apporter protéines, iode et oméga-3, mais aussi un mélange discret de métaux lourds, dioxines, PCB, PFAS et microplastiques. Les autorités sanitaires européennes et françaises ne disent pas d’arrêter le poisson, elles invitent à mieux choisir. Reste à savoir ce qui se cache exactement dans l’assiette familiale. Question dérangeante.

Poisson, oméga-3 et mercure : un aliment santé à double tranchant

Les nutritionnistes rappellent que le poisson apporte des protéines de bonne qualité, de la vitamine D, des vitamines B, de l’iode et du sélénium utiles au cerveau et au cœur. Les poissons gras fournissent des acides gras EPA et DHA, rares ailleurs dans l’alimentation. En France, les recommandations tournent autour de deux portions par semaine, dont une de poisson gras.

Mais ce même conseil augmente l’exposition au mercure dans le poisson. Rejeté par certaines industries et centrales, le mercure est transformé en méthylmercure dans l’eau, puis s’accumule tout au long de la chaîne alimentaire. Plus un poisson vit longtemps et mange d’autres poissons, plus il concentre ce neurotoxique. Thon, espadon, requin ou gros brochets figurent parmi les espèces les plus chargées, à réserver aux occasions pour les adultes et à éviter chez les femmes enceintes et les jeunes enfants.

Métaux lourds, PCB, dioxines et microplastiques : ce que renferme vraiment un filet

Les métaux lourds ne sont pas seuls en cause. Dioxines et PCB, issus de l’industrie et des incinérateurs, se fixent dans la graisse des poissons. Plus la chair est grasse, plus ces composés ont tendance à s’y accumuler. Des analyses européennes retrouvent aussi des PFAS, polluants dits éternels, dans une grande part des poissons. En eau douce, anguille, carpe ou silure restent à réserver à des repas rares.

Autre invité discret, le plastique fragmenté en micro et nanoparticules. Une large part des poissons analysés en contiennent, avalés avec le plancton ou les déchets. Ces fragments servent de support à d’autres substances, pesticides ou PCB par exemple, créant un effet cocktail dont on mesure encore mal l’impact à long terme. Les grandes espèces marines, déjà raréfiées par la surpêche, cumulent souvent forte charge toxique et enjeu de préservation.

Quel poisson acheter : petits poissons gras, saumon d’élevage et options végétales

Face à ce tableau, arrêter le poisson n’est pas la seule issue. Les autorités invitent plutôt à cibler les espèces. Les petits poissons gras comme sardine, maquereau, hareng ou anchois vivent peu de temps, accumulent moins de métaux et restent très riches en oméga-3, même en boîte.

Pour le reste, mieux vaut limiter les grands prédateurs et certains poissons d’eau douce, alterner sauvage et poisson d’élevage en vérifiant espèce, origine et labels, et ne pas abuser du saumon, plus gras et parfois traité. Compléter la semaine avec noix, graines de lin ou de chia et huiles de colza ou de cameline permet de sécuriser les apports en oméga-3.

En bref

  • En France, de plus en plus de consommateurs remplacent la viande par du poisson, sans mesurer les polluants chimiques cachés dans leurs filets du quotidien.
  • Le texte détaille comment le mercure dans le poisson, les microplastiques, les PCB et PFAS s'accumulent selon l'espèce, la taille, la graisse et l'origine.
  • Un guide d'achat propose ensuite des pistes concrètes pour continuer à profiter du poisson et des oméga-3 tout en limitant au mieux la charge toxique.