Stress ou trouble anxieux ? Ces 3 critères méconnus à vérifier d’urgence avant que votre vie ne déraille
Le 23 janvier 2026, grisaille dehors, dossiers qui s’empilent dedans : beaucoup se disent simplement "stressés". Retour de vacances, factures, enfants malades, notifications en cascade… Le mot stress sert de mot-valise pour tout expliquer, du retard de train à la nuit blanche avant une réunion. Derrière ce terme confortable peut pourtant se cacher un trouble plus profond.
Car une chose est de traverser une semaine compliquée, une autre de vivre depuis des mois avec le ventre noué, le cœur qui s’emballe sans raison claire et la peur sourde de dérailler. La question devient alors urgente : simple tension passagère ou vrai trouble anxieux qui s’est installé en silence ? La différence se joue autour de trois critères précis.
Stress, anxiété : deux mécanismes proches en apparence, opposés dans le temps
Le stress correspond à une réponse immédiate face à une contrainte bien identifiée : une échéance, un examen, une dispute. Le corps libère adrénaline et cortisol pour faire face, puis, une fois l’événement passé, il retrouve son équilibre. Ce stress adaptatif reste ponctuel, ancré dans le présent, et il donne souvent l’énergie de franchir un obstacle avant de retomber.
L’anxiété fonctionne autrement. Elle repose sur l’anticipation d’un danger futur, parfois flou ou imaginaire, comme si l’alarme restait bloquée sur "ON" alors qu’aucun danger réel n’est là. L’inquiétude devient diffuse, envahit les journées et les nuits. En France, les troubles anxieux touchent environ une personne sur cinq, et le trouble anxieux généralisé concernerait entre 2 et 5 % de la population, avec des symptômes qui débordent largement la simple inquiétude.
Les 3 critères clés pour trancher : durée, intensité, impact
Premier repère, la durée. Un épisode de stress se compte en jours ou en semaines, souvent autour d’un événement précis. Un trouble anxieux se rapproche plutôt d’un climat permanent : inquiétude présente la majeure partie du temps pendant au moins six mois, même quand tout va objectivement bien. Si depuis l’été dernier, vous vous réveillez déjà tendu, avec l’impression que "quelque chose va mal tourner" sans savoir quoi, vous vous éloignez du simple stress ponctuel et vous vous rapprochez du trouble anxieux généralisé.
Deuxième critère, l’intensité émotionnelle. Une remarque neutre au travail devient humiliation, un retard de quelques minutes se transforme en catastrophe anticipée, le corps réagit comme s’il était en danger vital. Beaucoup décrivent palpitations, sueurs, vertiges, voire attaques de panique pour des situations que d’autres trouvent banales. Pour s’y retrouver, trois questions aident :
- Votre réaction émotionnelle est-elle sans rapport avec la situation réelle ?
- Votre corps s’emballe-t-il souvent alors qu’aucun danger immédiat n’est présent ?
- Vous est-il difficile de "redescendre" même une fois l’événement terminé ?
Quand l’impact sur le quotidien bascule, et ce que la science prépare pour demain
Dernier critère, l’impact sur le quotidien. Avec un simple stress, on râle, on se sent fatigué, mais on continue à travailler, à conduire, à voir ses proches. Quand l’anxiété devient trouble, la peur commence à dicter les choix : refus d’invitations par crainte de faire une crise, évitement du métro ou de l’autoroute, concentration en miettes, performances en chute libre. Si les trois critères - durée, intensité, impact - sont réunis, l’enjeu n’est plus de "tenir bon" mais de consulter un professionnel. Les thérapies cognitivo-comportementales, parfois associées à un traitement médicamenteux, ont montré leur efficacité pour modifier ces schémas d’alarme. En parallèle, des équipes de recherche étudient les bases biologiques de ces troubles : le rôle de l’amygdale, centre cérébral de la peur, mais aussi celui de l’ocytocine et de cellules de soutien appelées astrocytes. Un projet porté par Alexandre Charlet, à l’Université de Strasbourg, bénéficie par exemple d’un financement de 450 000 € depuis 2025 pour comprendre comment ces cellules règlent - ou dérèglent - l’anxiété, avec l’espoir d’ouvrir de nouvelles pistes de traitement.