Les pépiniéristes n'en peuvent plus de le répéter : pour remplacer les thuyas, l'éléagnus forme une haie opaque dès le mois de novembre

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Les pépiniéristes n'en peuvent plus de le répéter : pour remplacer les thuyas, l'éléagnus forme une haie opaque dès le mois de novembre © Reworld Media

Partout en France, les haies de thuyas brunissent sous les sécheresses et les maladies, laissant les jardins à nu. Quels arbustes les pépiniéristes recommandent-ils désormais pour un écran dès le premier hiver ?

📋 Carte d’identité de la plante
🌿 Nom latin Elaeagnus × submacrophylla (syn. Elaeagnus × ebbingei)
🌸 Nom courant Chalef d’Ebbing, éléagnus d’Ebbing
📏 Dimensions 3 à 5 m de haut x 3 à 4 m de large (en haie : 1,5 à 2,5 m)
☀️ Exposition Soleil à mi-ombre, bonne tenue au vent et aux embruns
❄️ Rusticité Environ -15 à -20 °C en sol bien drainé
🍂 Feuillage Persistant, vert brillant au dessus, argenté au revers, très dense

Dans beaucoup de jardins, le réflexe reste le même : on file en jardinerie, on charge la remorque de thuyas bien sages, et on plante un mur vert pour oublier le vis-à-vis. Les premières années, tout va bien… puis les trous apparaissent, le bas se dégarnit, des plaques roussissent et l’écran tant espéré se transforme en passoire.

Les professionnels, eux, ont vu ces haies de thuyas souffrir des sécheresses, des maladies et de nouveaux ravageurs année après année. En coulisses, les pépiniéristes orientent désormais vers une autre haie persistante, capable de former un véritable rideau végétal dès le premier hiver : la haie d’éléagnus x ebbingei.

Pourquoi le thuya n’est plus la valeur sûre des jardins français

Le thuya a longtemps coché toutes les cases : rapide, économique, vert toute l’année. Mais le climat a changé et cette star des années 80 a perdu de sa superbe. Son système racinaire très superficiel a déjà souffert des épisodes de sécheresse répétés, provoquant un brunissement massif. Les champignons du sol, comme le phytophthora, ont aussi fait des ravages silencieux dans les haies trop arrosées ou installées en sol lourd.

Autre souci, de plus en plus fréquent : le bupreste du thuya, un petit coléoptère dont les larves creusent des galeries dans le bois. Les jardiniers ont vu des pans entiers de haies se dessécher sans pouvoir les sauver. Ajoutez à cela une base qui se dénude avec le temps, une consommation d’eau importante et un intérêt très faible pour oiseaux et insectes : ce qui cachait les voisins a fini par cacher aussi la vie du jardin.

La haie d’éléagnus x ebbingei, nouvelle favorite des pépiniéristes

Nous avons tous déjà rêvé d’une haie qui pousse vite, reste belle sans y passer nos week-ends, et garde notre intimité en plein mois de janvier. C’est là que l’éléagnus x ebbingei s’impose. Son feuillage persistant, vert et argenté, forme un buisson dense qui grandit d’environ 30 à 50 cm par an. Avec des plants d’environ 1,25 m espacés de 80 cm, les pépiniéristes obtiennent déjà un écran convaincant dès le premier hiver, vraiment opaque au bout de deux ou trois saisons.

Son autre atout est sa robustesse. Cette haie persistante a bien résisté aux étés caniculaires récents : une fois installée, elle supporte le vent, les sols pauvres, la pollution urbaine et même les embruns. D’ailleurs, sa floraison parfumée d’automne nourrit abeilles et pollinisateurs quand le reste du jardin s’endort, puis ses petits fruits rougeâtres font le bonheur des oiseaux en fin d’hiver.

Comment réussir sa haie d’éléagnus pour faire écran dès le premier hiver

Les pépiniéristes recommandent de planter l’éléagnus à l’automne, quand le sol est encore tiède. Les racines ont ainsi tout l’hiver pour s’installer avant la chaleur. On creuse une tranchée, on décompacte bien, puis on espace les plants de 80 cm pour une occultation rapide, ou jusqu’à 1 m si l’on préfère une haie un peu plus libre. Sol lourd ? Il a été allégé avec du gravier ou du sable grossier pour garantir un bon drainage.

Les deux premières années, un arrosage suivi en été et un paillage épais au pied ont aidé la haie à s’enraciner profondément. Ensuite, l’entretien est resté léger : une taille douce en fin d’hiver pour garder la hauteur souhaitée, parfois une seconde en fin juin pour les haies bien nettes. Petit bonus : en mélangeant quelques autres arbustes persistants à l’éléagnus, la haie gagne en biodiversité… et les voisins, eux, disparaissent complètement du paysage.

Sources

En bref

  • 🌳 En 2026, en France, les haies de thuyas dépérissent sous la sécheresse, les maladies et les ravageurs, laissant les jardins exposés aux voisins.
  • 🌱 Les pépiniéristes plébiscitent la haie d’éléagnus x ebbingei, un écran persistant à croissance rapide, efficace comme brise-vue dès le premier hiver.
  • 🔧 Conseils de plantation, espacement, arrosage et choix d’arbustes compagnons esquissent une haie mixte durable qui protège l’intimité tout en enrichissant le jardin.