Arrêtez de boire dans cette bouteille en plastique la nuit : ce que vous avalez vraiment est très inquiétant
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Sur votre table de chevet, la bouteille d’eau en plastique que vous gardez chaque nuit n’a rien d’anodin. Microplastiques, bactéries, perturbateurs : ce rituel rassurant cache des risques insoupçonnés.
Sur la table de chevet, c’est presque un décor obligatoire : une grande bouteille d’eau en plastique, entamée, qui attend la prochaine gorgée au milieu de la nuit. On la repose, on l’oublie, on la reprend le lendemain, parfois on la remplit de nouveau au robinet. Le geste paraît rassurant, presque sain.
En France, les bouteilles s’enchaînent à un rythme vertigineux : rien que pour Cristaline, cela représente environ 2,361 milliards de bouteilles vendues par an, soit près de 75 à chaque seconde, et une bouteille de 1,5 L autour de 0,20 € contre environ 0,006 € pour l’eau du robinet. Quand cette bouteille devient celle de la nuit, ce que l’on avale change discrètement.
Cette bouteille de chevet qui se dégrade sans que vous le voyiez
Ces bouteilles jetables sont en PET, prévues pour un seul usage. À force d’être serrées, re-remplies, oubliées plusieurs jours dans une chambre chauffée, le plastique se fatigue. De minuscules fragments se détachent et glissent dans l’eau : ce sont les microplastiques et même des nanoplastiques, invisibles mais bien présents à chaque gorgée nocturne.
Des analyses ont retrouvé des particules plastiques dans plus de 9 bouteilles d’eau sur 10, avec parfois jusqu’à environ 240 000 particules par litre, dont une large majorité de nanoplastiques. Chez un gros buveur d’eau en bouteille, l’ingestion annuelle peut monter à près de 90 000 particules. Ces débris sont soupçonnés de favoriser inflammation, stress oxydatif et troubles métaboliques.
Eau tiède, salive et chaleur : la recette du nid à bactéries
Autre souci : l’hygiène. Une bouteille ouverte devrait être bue en 24 à 48 heures, sinon des bactéries et autres micro-organismes se multiplient. À chaque gorgée, un peu de salive retourne dans l’eau. La nuit, la bouteille reste à température de la chambre, parfois proche d’un radiateur, et n’est presque jamais lavée. Des tests ont montré que certaines gourdes ou bouteilles réutilisées pouvaient héberger plus de germes qu’un siège de toilettes.
Avec le temps, le plastique relargue aussi des substances ajoutées lors de sa fabrication. Le BPA et certains phtalates, utilisés comme perturbateurs endocriniens reconnus, peuvent migrer vers l’eau, surtout si la bouteille est chauffée, rayée ou très usée. Ces composés sont associés à des effets sur les hormones, la fertilité, le développement du fœtus et à un risque accru de maladies chroniques.
Que mettre sur la table de nuit à la place de la bouteille plastique
Pour continuer à boire la nuit sans avaler un cocktail plastique-microbes, mieux vaut choisir des matériaux inertes comme le verre ou l’acier inoxydable, et renouveler l’eau chaque soir. L’eau du robinet, beaucoup moins chère et moins chargée en microplastiques que l’eau en bouteille, suffit dans la grande majorité des régions. Une petite routine simple change alors tout :
- remplir chaque soir un verre couvert, une carafe en verre ou une gourde en inox bien lavée ;
- vider au matin le reste d’eau, rincer le contenant à l’eau chaude savonneuse ;
- éviter de réutiliser les bouteilles jetables, surtout plusieurs nuits de suite ;
- éloigner le contenant des sources de chaleur et du soleil direct.
Sources
En bref
- En France, des millions de personnes gardent chaque nuit une bouteille d’eau en plastique sur la table de chevet, réutilisée plusieurs jours sans réflexion.
- Le plastique PET se dégrade, libérant microplastiques et additifs, tandis que l’eau tiède et salivée favorise une prolifération bactérienne invisible dans bouteille de nuit.
- Ce rituel rassurant cacherait un mélange de plastiques, germes et perturbateurs, et de petites modifications du contenant ou de l’eau changent fortement la donne.
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