Vous montez le son et faites répéter vos proches ? Ces signes discrets de baisse d’audition menacent votre cerveau
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Repas de famille bruyants, télé qui hurle, fatigue d’écoute : chez plus d’1 Français sur 5 après 50 ans, ces signaux cachent parfois une perte auditive. Entre risque pour le cerveau et isolement progressif, à quel moment faut-il vraiment s’alarmer et consulter ?
Dans un salon bruyant ou devant la télévision, beaucoup mettent leurs difficultés à entendre sur le compte de la fatigue. Pourtant, les spécialistes estiment qu’un Français de plus de 50 ans sur cinq souffre de surdité, une perte auditive qui s’installe souvent sans qu’on s’en aperçoive. On s’adapte, on compense, et les vrais signes d’alerte passent au second plan.
Au fil des mois, on augmente un peu le son du poste, on rit avec les autres sans être certain d’avoir tout compris, on fait répéter les enfants qui parlent vite. Près de trois quarts des personnes concernées réalisent d’abord leurs difficultés lors de réunions familiales ou entre amis, quand plusieurs voix se croisent. Ces petites scènes du quotidien ne sont pas anodines.
Ces scènes du quotidien qui doivent faire tilt sur une perte d’audition
Le premier signal, souvent, c’est la conversation en groupe qui vire au casse-tête. Dans un restaurant animé ou lors d’un repas de famille, distinguer chaque voix devient épuisant, surtout avec un fond sonore, avec parfois une impression de brouhaha, de mots avalés, ou l’apparition d’acouphènes et d’une mauvaise tolérance aux sons forts.
À la maison, d’autres détails reviennent : volume de la télévision ou de la radio anormalement élevé, proches qui trouvent que “ça hurle”, demande de répétition plusieurs fois par soirée. S’ajoutent parfois une difficulté à entendre la sonnette ou le téléphone, ou encore la confusion entre des mots proches, comme “pain” et “bain”, lorsque les consonnes deviennent moins nettes.
Ne rien faire face à une baisse de l’audition, un vrai risque pour le cerveau
Vivre avec une perte auditive non corrigée ne se limite pas à “entendre moins bien”. À force d’efforts pour suivre les échanges, la fatigue s’installe, la concentration baisse, la mémoire semble moins efficace. Beaucoup finissent par éviter les repas nombreux, les sorties au restaurant, voire certaines réunions au travail, avec un isolement qui s’installe en douceur et pèse sur le moral.
À long terme, une gêne auditive ignorée est associée à un risque accru de déclin cognitif, avec un maintien de l’autonomie plus difficile. Ce risque s’ajoute à la fatigue, à la baisse de mémoire et de concentration déjà constatées chez de nombreuses personnes. « Toutefois, on constate que les mentalités, elles, peinent à évoluer : le grand public reste souvent réticent à faire tester son audition et à s’appareiller. Pourtant, il ne faut surtout pas se résigner à mal entendre car on sait aujourd’hui que les troubles de l’audition constituent un facteur de risque pour la dépression et certaines maladies neurodégénératives : il existe des solutions pour (presque) toutes les situations, parlez-en à votre médecin traitant. À partir de 60 ans, un bilan annuel est conseillé. » résume Jean-Luc Puel, professeur de neurosciences et directeur de recherche à l’Inserm, dans un entretien à Femme Actuelle.
Agir vite : qui consulter et quels tests faire en cas de doute
Au moindre doute, un passage chez le médecin généraliste suffit souvent : 72 % des personnes gênées s’y adressent pour un examen de l’oreille et un test audiométrique avant, si besoin, un bilan spécialisé. Des questionnaires d’auto-évaluation comme le HHIE-S ou le test de Firszt, et l’application Höra, gratuite et « plus proche de la vie réelle », aident à décider quand consulter.
En bref
- Chez plus d’un Français sur cinq après 50 ans, les signes de perte auditive s’installent discrètement entre repas bruyants, télévision trop forte et fatigue d’écoute.
- Difficultés en conversation de groupe, acouphènes, mots confondus ou sonnette inaudible figurent parmi les principaux signes d’alerte d’une baisse de l’audition au quotidien.
- Entre isolement social, risques de déclin cognitif et parcours de soins spécifiques, agir tôt face à ces signaux change profondément la suite de l’histoire.
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