Les paysagistes n'en peuvent plus de le répéter : ramasser chaque feuille morte en octobre affame 250 vers de terre par mètre carré

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Les paysagistes n'en peuvent plus de le répéter : ramasser chaque feuille morte en octobre affame 250 vers de terre par mètre carré © Reworld Media

Chaque automne, les jardins français se vident de leurs feuilles mortes au nom d’un extérieur « impeccable ». Et si, comme l’ADEME, vous laissiez enfin la nature travailler à votre place ?

Lumière dorée, air un peu frais : dès octobre, les jardins se couvrent d’un tapis de feuilles mortes. Et, presque automatiquement, les râteaux sont de sortie. Pelouses nues, allées impeccables, sacs bondés pour la déchetterie… le décor a été planté chaque automne, comme un devoir bien appris.

Pourtant, ce grand ménage a privé des milliers de jardins d’un allié discret : une couverture naturelle qui protège, nourrit et abrite la petite faune. L’ADEME et l’Office français de la biodiversité ont encouragé à changer de regard. Et si, cette année, on faisait comme les jardiniers malins ?

Le faux mythe du jardin impeccable

En France, l’image du jardin propre reste liée à un gazon lisse et des bordures parfaitement dégagées. Pendant des décennies, le moindre tapis de feuilles a été vécu comme un signe de laisser-aller. Nous avons tous déjà rassemblé chaque feuille par habitude, sans vraiment nous demander ce que perdait le sol.

Cette litière de feuilles abrite tout un monde discret. Le maître-jardinier Georg Schmötzer, cité par Mon Jardin Ma Maison, rappelle que « un bon sol compte environ 250 vers de terre par mètre carré. Ils permettent d’absorber 120 à 150 litres d’eau par mètre carré grâce à leurs galeries et d’amener de l’air dans le sol ». Sans feuilles, ces alliés ont manqué de nourriture tout l’hiver.

Ramasser tout : un réflexe qui épuise le jardin

En retirant systématiquement les feuilles, on laisse le sol nu, battu par la pluie et le gel. Il s’est compacté, s’est refroidi plus vite et a perdu une partie de son humidité. Résultat : davantage de mauvaises herbes, des racines plus sensibles et un besoin d’arrosage qui a augmenté dès le printemps suivant.

Autre réflexe encore très répandu : brûler ce tas de déchets verts. Or, selon Pause Maison, « Le brûlage des déchets verts par les particuliers est interdit toute l’année, quelle que soit la météo ». Cette infraction a exposé certains jardiniers à une amende pouvant atteindre 750 euros, alors même que compostage et paillage naturel ont enrichi gratuitement d’autres jardins.

✨ L’astuce validée par la rédaction
Efficacité
9/10
Zone idéale

🔍 Pourquoi ça fonctionne ?

Un tapis de feuilles protège le sol, nourrit vers et microfaune et freine les mauvaises herbes.

💡

Le petit plus : Récupérez les feuilles des allées pour pailler massifs et potager.

🚫 À NE JAMAIS FAIRE : Laisser plus de 2 centimètres de feuilles sur le gazon ou garder les feuilles malades.

Comment laisser les feuilles mortes… sans étouffer le gazon

Les experts de l’ADEME le répètent : garder des feuilles, oui, mais pas partout. Sur la pelouse, une couche continue de plus de 2 centimètres a jauni l’herbe en 10 à 15 jours. Mieux vaut ratisser légèrement ou les broyer, « celui qui trouve le feuillage trop grossier devrait passer dessus avec la tondeuse pour le réduire », conseille Georg Schmötzer dans Mon Jardin Ma Maison.

En revanche, sous les haies, au pied des arbres, des rosiers ou des vivaces, un tapis de 5 à 10 centimètres a formé un paillage idéal. Le site MonJardinPaysager recommande de dégager le collet des plantes sensibles à l’humidité. On peut ensuite créer des îlots bien dessinés et utiliser les feuilles épaisses ou malades pour la déchetterie, jamais pour le compost du jardin.

Sources

En bref

  • 🍂 Dès octobre, l’ADEME, l’Office français de la biodiversité et le maître-jardinier Georg Schmötzer remettent en cause le ratissage complet des feuilles mortes.
  • 🌱 Conseils précis pour transformer la litière de feuilles en paillage naturel, en dosant l’épaisseur et en choisissant les bonnes zones du jardin.
  • 🦔 Promesse d’un sol vivant, d’un gazon moins fragile et d’une faune plus présente au printemps, à condition de changer un simple réflexe d’automne.